Kills Birds :: Kills Birds

Sous le soleil de Los Angeles bourgeonnent bien des groupes et de tous genres. La météo plus clémente peut être ? Du côté des nouveaux venus, déjà endossés par Kim Gordon (qui qualifie leur musique de « hot as fuck »), nous avons Kills Birds, quatuor dont le premier album du même nom, paru en 2019, fait mouche en seulement 26 minutes.

Formé en 2017 par Nina Ljeti au chant (réalisatrice et actrice bosniaque) et Jacob Loeb à la guitare (acteur qui semble graviter autour de James Franco, tout comme Nina d’ailleurs), le groupe est rapidement complété par Fielder Thomas à la basse et Bosh Rothman (collaborateur de Bleached/Kim Gordon/Santigold) à la batterie. Il ne faudra que peu de temps pour se tailler une réputation en live tant les prestations scéniques de Nina Ljeti sont apparemment intenses.

Immigrante, fille de parents musulmans ayants fuient la guerre en Bosnie pour s’installer au Canada, Nina en a apparemment bavé pour s’intégrer et a de la rage à revendre. Si on peut supposer qu’elle a baignée dans le rock, dans le punk, il n’en est rien. Biberonnée à la musique serbe, amatrice de Britney Spears, elle ne découvrira que tardivement le rock des années 90, en regardant American Idol avec ses parents (true story).

Sortie chez KRO RECORDS (Marissa Nadler), leur première galette navigue entre mélodies post-punk typées années 80 et une énergie sauvage façon grunge des années 90. Il est difficile de ne pas être instantanément conquit par ce mélange qui fonctionne de bout en bout. On se laisse aisément gagner par l’énergie redoutable que dégage l’ensemble. Catchy, brut de décoffrage, une véritable machine à tubes d’hier qui marcheront aujourd’hui comme demain. La production, signée Justin Raisen (Sky Ferreira, Health, Angel Olsen), met parfaitement en exergue tout le potentiel des 9 titres présents sur l’enregistrement.

Vous n’aurez pas à tendre l’oreille pour entendre de nettes références aux début de PJ Harvey, à Nirvana, ou encore The Breeders. C’est du tout bon, sur toute la ligne.

Du rock composé dans l’urgence, primitif à souhait, taillé pour exploser sur scène, Kills Birds est tout ce que le rock peut offrir de meilleur : un moment euphorisant pour exorciser ses démons. Le disque s’ouvre sur ces paroles This flower / kills birds / When she dies / she rots like flesh. Quelle est cette fleur ? On n’en sait rien. La seule certitude est que l’électrique Nina Ljeti va vous cueillir sans difficulté.

Jocelyn H.

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