Goyokin :: III

Jusqu’à il y a peu, on savait de Jean-Luc Navette qu’il était un tatoueur basé à Lyon mais aussi dessinateur de pochettes de disques pour des groupes comme Hoboken Division, Heavy Trash, Thee Verduns, Reverend Beat-Man ou encore Jim Jones and The Rightheous Mind. C’est aussi lui qui illustre magnifiquement bien les pochettes du label Night Records à chaque fois que celui-ci sort une compilation d’un bluesman oublié.
Ce que l’on sait maintenant, c’est que le lyonnais fait aussi de la musique au sein du groupe Goyokin avec, à ses côtés, le batteur Tommy Rizzitelli (Space Art et de Black Noodle Project…) et Anthony Mowat (compositeur de bandes originales). C’est probablement ce dernier qui a donné le nom du groupe, en hommage au film du même nom tourné par le réalisateur et scénariste japonnais Hidéo Gosha.
De cinéma, il en est fortement question dans le premier LP  fraîchement paru chez Les Disques de La Face Cachée. En effet, l’ambiance générale de III, d’une sombritude pesante et angoissante, pourrait être celle d’un film de David Lynch. La musique expérimentale agrémentée de collage est l’exacte image sonore des dessins de Jean-Luc Navette. La noirceur y est prédominante. La seule lumière visible est celle citée dans le titre ‘The Eternal Light’.   L’atmosphère est prenante à l’instar de ‘Crossroads’, titre d’ouverture de l’album qui fait sans aucun doute référence au mythe blues de la rencontre entre Robert Johnson et le Diable.
S’il fallait cataloguer la musique inclassable de Goyokin, on pourrait dire qu’elle ressemble à un trip hop malade en mode doom, qui ferait passer Tricky pour Patrick Sebastien. Goyokin détruit tout (‘Destroy All’) pour mieux retrouver la beauté (‘Beauty’) et la lumière (‘The Eternal Light’)
Le seul défaut de ce premier LP est sa durée, bien trop courte (quatorze petites minutes). On aurait préféré la bande son d’un film et non pas celui d’un court métrage. On ressort de ce périple dans les ténèbres de Goyokin avec une impression de manque. Une impression accentuée lorsque l’on découvre sur la page bandcamp du groupe que d’autres morceaux existent et auraient très bien pu figurer sur l’album. Peut-être des inédits destinés à un nouveau vinyle aussi joliment gravé au laser que III.
Damien

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