Dana Gavanski :: Wind Songs

Bien souvent, lorsque l’on est musicien, on commence sa carrière en mettant en avant ses influences. On travaille ses gammes pour mieux se les approprier afin de trouver sa personnalité pour qu’aucun ne puisse ensuite faire une filiation avec les maîtres.
Dana Gavanski a fait le chemin inverse. Autrice d’un premier album personnel sorti en début d’année qui la plaçait d’emblée dans la lignée de Vashti Bunyan et Adlous Harding, l’Américaine revient discrètement avec un EP de reprises bien senties.
Wind Songs fait suite à Yesterday is Gone et se compose de cinq reprises toutes aussi belles les unes que les autres. Cinq réinterprétations ressemblant plus à une démarche personnelle qu’à un exercice de style. Ces reprises ont des origines diverses puisque l’on retrouve aussi bien King Crimson, Chic, Tim Hardin, Judee Sill qu’un chant traditionnel macédonien.
Une fois n’est pas coutume, commençons par la fin, avec la reprise de Kiss de Judee Sill. Dana Gavanski la transforme en une valse électronique délicatement psychédélique. Jano Mome, le traditionnel folk macédonien, est l’occasion pour l’américaine de retrouver ses origines européennes. La reprise de Tim Hardin (Never Too Far) est sans aucun doute la plus convenue à l’inverse du sommet de l’EP que l’on gravi dès son entame. Le bien nommé Wind Songs s’ouvre avec I Talk To The Wind issu du premier album de King Crimson In Court Of….La surprise est totale. On ne s’attend pas à ce que Dana Gavanski joue sur le terrain du rock progressif. Son interprétation est tellement sensible et délicate que l’on en oublierait presque l’absence de la flûte traversière, instrument pourtant central dans la composition originale. L’autre moment inoubliable est la reprise d’At Last I Am Free de Chic. Mais c’est la version faite par Robert Wyatt dans son album Nothing Can Stop Us que Dana Gavanski a privilégiée. Très respectueuse de ses influences, la serbo-canadienne a eu la décence de ne pas toucher à la relecture faite par l’ex Soft Machine tant celle-ci reste bouleversante de beauté.
« Souvent, nous devons aller un peu loin dans une direction pour apprendre quelque chose sur nous-même » dit Dana Gavanski à propos de Wind Songs. Cette démarche personnelle l’a menée tellement loin devant ses concurrentes, qu’il va falloir suivre la suite de son parcours de très près.
Damien

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