janvier 6, 2021

Cinephonic :: Les Paradis Artificiels

Par Ground Control To Major Tom

Les noctambules ont l’habitude de dire : C’est beau la ville la nuit. Oui, mais avec le nouvel album de Cinephonic comme bande son, devra t-on dorénavant ajouter. En effet, le groupe menée par le pianiste et vibraphoniste Pierre Chretien (membre du Souljazz orchestra, Atlantis Jazz Ensemble….) vient de publier Les Paradis Artificiels sur Marlow Records. Une bande originale idéale pour se balader en solitaire dans une atmosphère urbaine fait de Béton et Ferraille, seulement éclairée par quelques néons publicitaires. Une atmosphère baudelairienne où le spleen n’est que notre unique compagnon à défaut d’avoir les bonnes substances pour supporter notre état mélancolique.
La perdition volontaire dans Les Paradis Artificiels fait remonter en mémoire les BO extraordinaires des films policiers dans lesquels Jean-Paul Belmondo et Alain Delon sévissaient au milieu des années 70. On y entend aussi le jazz breaké de Galt Mac Demot et David Axelrod mainte fois samplé par le mouvement hip-hop. Principalement instrumentaux, les neuf titres ne sont pas pour autant muets d’histoires. On se prend facilement à imaginer une scène de séparation d’un couple dans Illusions Perdues. A visionner un plan séquence sur une métropole vidée de toutes âmes sur le bien nommé Éveil de la cité. La perte d’un ami sur Le Petit Cimetière. Le générique d’un film qui défile sur Après le déluge. La musique de Cinephonic ne s’écoute pas seulement, elle s’imagine, elle se rêve. Jamais un artiste n’aura aussi bien choisi son patronyme et défendu les grands compositeurs de musique de films que Cinephonic.

Damien