Zikametz – 11ème édition – vendredi 17 octobre – Le caveau

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Pour cette 11 édition de l’excellent festival messin ZIKAMETZ, la soirée du vendredi 17 octobre affiche complet. Tous les éléments sont en place pour que la réussite soit totale : l’été indien bien installé, la programmation éclectique pour satisfaire un large public et cet ensemble d’endroits parcourus d’ondes magiques que sont les Trinitaires.

Etant donné l’offre pléthorique pour cette soirée répartie entre La Chapelle, Le Petit Théâtre, le Caveau et la cour intérieure pour les amateurs de barbecue, mon choix amical s’est porté sur la trilogie TWIN PRICKS – MANUEL ETIENNE – FEU! CHATTERTON dans les entrailles des Trinitaires. Choix qui s’est révélé être un embarquement pour quelques heures de musiques sans concession, de trips électriques, de quelques litres de sueurs parfumée au houblon et d’amour, beaucoup d’amour !!

Ayant la délicate tâche d’ouvrir le bal, les TWIN PRICKS (Metz) en sont sortis la tête haute et le cheveu bien mouillé. A gauche de la scène, le fils spirituel de Jimi Hendrix (l’illustre DR GEO). En son centre, la colonne vertébrale rythmique est composée des membres originels de l’étonnant et excellent groupe NO DRUM NO MOOG. A sa droite, l’homme aussi connu à Metz que l’était Barabbas à son époque et l’âme emo du groupe, monsieur Florian Schall. Une fine équipe en soit !

Dès les premières secondes, le message est clair : les jumeaux sauvages ne sont pas venus pour faire dans la dentelle et le public majoritairement assis est prévenu avec une pointe d’ironie bien sentie (« ca va être un concert de daron ») : ca va saigner et ca va suer !!

L’intro bruitiste du maître de la 6 cordes frôle la législation en matière de seuil de décibels autorisé (selon l’intéressé, le volume de l’ampli était sur 1…) et installe le climat de tension et de jeu hypnotique qui va traverser tout le set dont la majorité des titres fait la part belle à leur magnifique album This Might Be The Last Time You’ve Ever Heard From Us. L’énergie est brutale, les mots sont jetés à la tête de l’audience sans ménagement et les mélodies sont imparables. Combat gagné par KO malgré quelques problèmes de sons.

Le temps de se remettre de ce set sauvage et après un rafraîchissement alcoolisé bien mérité pour pallier à la déshydratation avancée, direction le concert très attendu de MANUEL ETIENNE (Nancy). Le groupe a une excellente réputation scénique et votre serviteur veut aller le vérifier physiquement et spirituellement.

« Putain de concert » serait une façon assez objective de décrire le set endiablé livré par le groupe nancéien !!

Dans un caveau rempli à craquer (TWIN PRICKS a fait du bon boulot et la foule a accouru) et dans une chaleur tropicale certaine, MANUEL ETIENNE et sa bande de killers prends possession de la scène pour défendre son fabuleux opus Vaudémont.

A gauche, le virtuose Tom Rocton (ALONE WITH KING KONG) gère avec une facilité apparente Rickenbacker, piano et trombone tout en bondissant comme un Pete Townshend à la grande époque de The Who. Au centre à l’arrière plan, David l’Huiller l’homme à la barbe folle et aux fûts en peau de serpents assure comme la réincarnation d’un mélange fictionnel entre le batteur déglinguos du Muppet Show et l’illuminé Keith Moon. Au centre et au devant, l’homme qui rend la chanson française belle, forte, mélodique, émouvante, introspective, philosophique pas chiante…armé de sa vieille compagne Ibanez Concord et de sa Jazzmaster. Enfin, à droite, Fabien Pillard est le Big Lebowsky armé de sa Fender Precision Bass à tête de mort qui joue comme un Paul Simonon des Clash au sommet de son art.

Le set est nerveux, ultra carré avec ce petit quelque chose de plus que l’album qui fait que chaque inspiration est un bonheur, un trip, une trique d’enfer. Pure énergie, mélodies taillées au diamant et une des plumes les plus belles et intéressantes dans le paysage musical Outre-Quiévrain. Le son sert admirablement la folie de ces titres joués avec la rage de The Jam, la poésie et le surréalisme de Bashung et cette voix qui vous hypnotise et vous fait voyager dans toutes ces petites histoires de vie. Coup de cœur absolu !

Retour au bar pour cette fois-ci plusieurs rafraîchissements pour se ressourcer et se calmer après la claque prise.

Dernière programmation au caveau ce vendredi, la toute nouvelle et fraîche sensation dont on commence à beaucoup parler un peu partout en France : FEU! CHATTERTON. Ce groupe parisien a déjà gagné plusieurs concours nationaux et vient défendre son premier EP éponyme.

Le caveau est rempli à craquer et la jeunesse du public aux premiers rangs me rappelle que les Feu ! Chatterton sont très jeunes et très chics.

Leur musique est un mélange subtilement agencé entre rock planant, électro légère et funk lorgnant vers le disco. L’ambiance proposée oscille constamment entre l’ombre et la lumière avec des explosions de guitares à écho claquantes d’une efficacité redoutable. La section rythmique est parfaite et le groove est fantastique !

L’attraction de ce groupe réside également dans la personnalité et l’apparence de son chanteur. Tout droit sorti d’un vieux film de gangsters américains, le jeune homme est en complet trois pièces avec une fine moustache et des yeux de fous. Son regard perce littéralement la foule avec un mélange de proximité, de distance et de douceur. Il rythme littéralement la prestation du groupe en proposant avec son verbe fantastique des histoires originales (Côté Concorde, chanson poétique sur le drame du Costa Concorde, un titre magnifique). Sa gestuelle, théâtrale et pudique, apporte un contre-point parfait à sa voix dont la diction, la rythmique et le débit sont tout bonnement hallucinantes. Il ne chante pas, il vit profondément ces textes et les fait vibrer à nu.

Le son est parfait et la maîtrise est totale et surprenante pour un aussi jeune groupe. On sent déjà le professionnalisme à plein nez et ce groupe ne va pas en rester là. Concert impeccable et belle émotion.

Texte: Christophe

Photos : Damien / Olivier

Merci au Festival Zikametz et à Hélène

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