Zëro :: San Francisco

Zëro San francisco ici d'ailleurs

Deux ans après les sept titres de ‘Places where we go in Dreams’ qui capitalisaient sur le double héritage de Deity Guns et de Bästard et dont le groupe présentait comme parmi les plus directs et incisifs de son répertoire, le quatuor devenu trio mené par Eric Aldéa, poursuivi par l’étiquette ‘post-rock’ qui lui colle aux cordes depuis dix ans, dégoupille son cinquième album, à nouveau sur le label nancéien Ici D’ailleurs, album qui sonne comme un hommage, sinon un gros clin d’œil, aux différents courants musicaux qui ont agité la baie de San Francisco.

Il n’en reste pas moins que l’ombre des années Deity Guns plane toujours sur l’entrée en matière ‘Last Bills for Lapdance’ sur laquelle Zëro pose ses jalons – plus de sept minutes du panel complet des années glorieuses du post-rock bruitiste et tendu – ou encore ‘Jed/Snowdog’.

Et pourtant, on entre vite dans les références au West Coast jazz des années 50 sur ‘San Francisco’ en clôture de l’album, aux heures les plus ‘rock-psyché’ du San Francisco Sound de la fin des sixties sur ‘Ich …. Ein Groupie’ (clip évocateur), ‘Cracking’ ou bien encore ‘Boogie Tango Thrill’,   pas celui mollasson du Grateful Dead mais plus proche de celui du Jefferson Airplane pour ne citer que lui. Zëro semble s’éloigner définitivement de ses marqueurs originels pour tourner la page des albums précédents qui se caractérisaient par une unité et une continuité qui auraient pu devenir ennuyeuses.

Tout semble donc concourir à l’irruption d’un nouveau Zëro, celui que l’on peut très facilement identifier, mais qui s’aventure sur des terrains que l’on ne pouvait soupçonner.

Hervé