Zëro :: Ain’t that Mayhem

Début 2016, Emission Electrophone vous parlait de San Francisco,cinquième album et escapade Californienne de Zëro,ressemblant fort à un hommage aux différents courants qui ont agité ‘The City by the Bay’, disque qui annonçait aussi un virage pop et un éloignement des marqueurs originels des trois lyonnais.

On pensait donc s’écarter des comètes incandescentes des premiers albums, mais voilà que surgit en avril dernier  Ain’t that Mayhem?: une question affirmative, un sacré bordel en ce bas-monde, pas tellement dehors car personne n’a vraiment le cœur à regarder la couleur du ciel en ces jours de printemps. Non c’est dans nos têtes que c’est plutôt le désordre.Cela commence pourtant par un road trip dans les grands espaces ‘Adios Texas‘ qui ne laisse en rien présager de la suite oppressante orchestrée par Eric Aldéa, Franck Laurino et Ivan Chiossone.

La pochette est gaie comme un faire-part, les titres livrent un galimatias spécial Apocalypse et Post-Indus (‘Undewater Frequencies‘ ‘Deranged‘ ‘8-bit Crash-Can‘ ‘Myself as  a fool‘). La matrice Bästard n’est plus très loin, ‘Fake from the start‘ et ‘We Blew it‘, moins sur la défensive, acceptent de laisser entrer quelques rayons lumineux dans la morosité ambiante, très vite rattrapée par le climat torturé de la formidable reprise  ‘Alligator Wings‘ de Screamin Jay Hawkins.

La manoeuvre s’avère plus que réussie. Le recentrage produit ses effets à tel point que ‘San Francisco II‘ n’est plus là pour rappeler l’atmosphère de 2016 -nous en sommes loin- mais bien  pour prolonger l’odyssée inquiétante entre terre et mer alors que ‘Yawny Holiday‘, en fin de parcours, pleure sans baisser les yeux.

Hervé