juin 15, 2021

Wombo :: Keesh Mountain

Par Ground Control To Major Tom

Quelques décennies passées et les tee-shirts à l’effigie de Slint, Gastr Del Sol ou des Palace Brothers, groupes cultes de Louisville, sont devenus rares. Depuis belle lurette, les sons qui rugissent des salles de concerts de la capitale du Bourbon, n’ont plus grand chose à voir avec le folk expérimental ou le post rock et les membres de Wombo, ex The Debauchees, se foutent du passé musical de leur ville.
Avec un album au nom imprononçable Blossomlooksdownuponus, paru en 2020 chez Sophomore Lounge, le trio revient avec ce nouvel EP Keesh Mountain sorti cette fois chez Fire Talk Records. Dès les premières mesures d’Idae Mae, Wombo brouille les pistes avec une sacré basse minimaliste funk qui temporise avec une batterie brute. Se greffent une guitare tout en nuance jouant sur les harmoniques et un chant-parler féminin ultra efficace. Le groove s’émancipe au fur et à mesure que la tension augmente comme si les cultissimes Delta 5 (groupe féminin post-punk-funk anglais de 1979 à1981) s’étaient octroyées, au chant, les services de Kim Gordon. Le titre nous propulse vers une transe froide où seules les percussions diffusent une chaleur atypique du middle west. Un peu de déstructuration sonore sur des paroles débitées à toutes blindes, voilà que Just Like Time embrasse la no-wave en évitant tout schéma pop. Ce que le génialissime Dreamsickle ne renie absolument pas et s’impose en vrai mini tube d’indie-pop. En 2’27, la basse métronomique et la guitare cristalline balaient tout et la voix se montre d’un coup plus mélodique pour flirter avec une certaine idée de la noisy pop 90’s. Retour à la case low-fi légèrement dissonante avec Situations qui se pare de cassures, de distorsions avec un chant féminin au bord de la justesse, qui n’est pas sans rappeller celui de Wendy Harper du groupe Quickspace Supersport. La chanteuse-bassiste Sydney Chadwick, le guitariste Cameron Lowe et Joel Taylor à la batterie brouillent les pistes avec leur mix post-punk et avant-pop. Louisville a retrouvé son mojo grâce à Wombo, et fait oublier enfin sa réputation pas spécialement jojo qui lui colle au gosier.

Mathieu M