Wire :: Wire

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Deux ans jour pour jour après le très addictif ‘Change Become Us’, le quatuor anglais nous convoque pour son album éponyme, celui, peut-être, qui manquait à l’appel.
On attend toujours d’un tel objet qu’il affirme l’identité du groupe. Ce 14ème album studio est bel et bien de cette trempe. Le ‘Wire’ de 2015 ne dévoile véritablement rien de nouveau, mais dresse fièrement son étendard et affiche l’ADN pop du front-man Colin Newman (‘Blogging’ ‘Shifting’ ‘Burning Bridges’), ADN déjà revendiquée en 2010 sur ‘Red Barked Tree’ ou sur le projet Githead avec Malka Spiegel (ex Minimal Compact ).
Depuis 2013, Matthew Simms à la guitare est définitivement adopté en lieu et place de Bruce Gilbert et de l’aveu même de Graham Lewis – bassiste et membre fondateur – le jeune et talentueux guitariste apporte ‘une nouvelle dynamique au son du groupe’. Robert Grey dit GotoBed, autre membre fondateur – parti du groupe en 1990 en raison de l’omniprésence des séquenceurs et boîtes à rythmes – est aux baguettes, ce qui souligne la volonté de Newman et Lewis de revenir aux origines.
Sleep-Walking’ intervient comme une césure et annonce une fin d’album toute différente, qui se noircit (‘Swallow’) et s’électrifie au fil des titres, offrant une fin plus énergique (‘Joust and Jostle’, ‘Split your ends’ ) , le pouls s’accélérant avec ‘Octopus’ pour offrir ‘Harpooned’ qui est probablement le titre le plus abrasif enregistré par le groupe depuis ces débuts en 1976, avec peut-être ‘Stealth of a Stork’ présent sur l’album précédent.
Résultat final, ‘Wire’ de Wire est à considérer comme un manifeste, une percussion de thèmes et d’atmosphères qui font, depuis le premier album Pink Flag, la singularité du groupe. Les trois sexagénaires et leur cadet de trente ans tordent le cou au jeunisme ambiant et une fois de plus maintiennent Wire dans la cour des très grands.
Hervé

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