Wire :: Nocturnal Koreans

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En 2015, quand Wire publie son quatorzième ‘Wire’, Colin Newman indique que le groupe pense déjà à son prochain disque mais nul ne sait que les huit titres exclus de l’album éponyme sont déjà programmés pour paraître sur ‘Nocturnal Koreans’. Passés par la phase de raffinement – il ne s’agit donc pas de reliquats -, ils sont à l’image de la philosophie du groupe : Enregistrer tous ses morceaux comme pour mieux s’en débarrasser et aller de l’avant.
Rampe de lancement, le titre ‘Nocturnal Koreans’ est un tube pop en puissance qui laisse entrevoir une suite des plus heureuses… mais ‘Internal Exile’, qui lui emboîte le pas, a des allures de valse morbide pendant laquelle on sent un Colin Newman tendu et mélancolique psalmodiant ‘March’ en guise de refrain métaphysique.
Nocturnal Koreans est un disque funambule jouant un équilibre entre une pop frénétique (‘Numbered’), énervée (‘Fishes Bones’ – A noter que c’est le bassiste Graham Lewis qui prend la parole), une séquence mid-tempo (‘Pilgrim Trade’) le tout saupoudré de refrains immédiats à haute teneur obsessionnelle (‘Still’).
La seule faiblesse apparente du disque ‘Forward Position’ à l’atmosphère ‘Ambient’ s’avère en fait être une remarquable douceur sucrée, l’intruse dans cette énergie parfois compressée, parfois libérée.
Disque d’urgence certes – l’affaire est rondement menée en moins de 30 minutes avec des titres au format court – mais cette quinzième réalisation privilégie le travail en studio plutôt que la pure captation de la performance qui est une des marques indélébiles du groupe.

Hervé