VIN(YLE) :: Spécial Beaujolais Nouveau

« Salut vieux, tu nous fais un article sur le Beaujole ? »

J’veux bien sauf que je rentre d’Espagne et que j’ai pas arrêté de boire des « vinos tinto de la casa » et des « rioja » qui sentent bon le fût de chêne neuf autant que du Baron de Lestac et que j’ai réussi à choper la crève (espagnole) par 25 degrés que mon nez ressemble aux chutes du Niagara et que mon palais sent les chiottes.

Alors le Beaujole, le Beaujolpif, le Beaujolais Nouveau, qu’est ce que c’est ?

C’est ce vin primeur à base de Gamay (le raisin) issu d’une macération carbonique, qu’on te sert le 3e jeudi de novembre, qui sent plus ou moins la banane d’une année à l’autre (grâce à de subtiles saloperies chimiques ajoutées dans les pires des cuvées), dont tu t’abreuves à en abuser chaque année (merci à la charcuterie servie pour l’accompagner et l’oublier) et qui te donnes un putain de mal de crâne le lendemain (si bien que tu commences bien ton week-end!).

Mais c’est pas que ça !

C’est aussi des vins fait avec amour, attention, respect du raisin et du jus qu’il va donner, élaboré par des vignerons qui travaillent avec respect leur terre et leurs vignes, sans ajout de glyphosates sur leur ceps ni d’arômes de banane dans leur cuve !

Et pour trouver ce type de Beaujolais Nouveau, et ben il faut connaître les bons vignerons ou les bons cavistes et bars à vins qui te le proposeront, mais là je m’éloigne du sujet, bien que c’est bien dans ce genre de bouge que je passerai ma soirée …

Donc avec ma gueule de Gai Luron, de nez bouché et de bouche en plomb, je me dois quand même de faire ma chronique VINyl sur le Beaujolais et ben la voilà :

Je me suis demandé comment je pourrais monter ma chronique et je me suis imaginé le soirée-type « soirée Beaujolais ». Ah ah la bonne soirée cochonnaille / guinguette / béret / baguette / rouge qui tache / vomito !!! Et si je la voyais autrement, du moins musicalement, en oubliant Licence 4 et en laissant court à l’imagination de ma discothèque et le propos de la soirée ???

J’ai 5 vignerons différents à goûter ce soir et j’y associerai un disque à chacun, pas forcément en rapport exact mais en corrélation avec le nombre de verres bus au fur et à mesure de ma soirée.

Commençons par le Beaujolais Nouveau de Rémi Dufaître, un bon gars, un dur, un tatoué, un gars que j’ai vu délaissé son stand lors de salons pour aller goûter tout ce qui se faisait ailleurs. De mémoire de 2016, son vin est simple, frais et fruité, une bonne mise en bouche pour la soirée. C’est un peu comme quand tu arrives au troquet après ton job, que tu retrouves tes potes et que comme c’est la tradition tu échanges l’habituelle pinte de bière pour un verre de bojo pour attaquer ta nuit d’ivresse ! « Once again it’s on » comme dirait Treach de Naughty by Nature au début du « Roll wit the Flava » des Flavor Unit MCs, bonne track hip hop de potos qui se retrouvent au comptoir pour se mettre dans le mood.

Deuxième verre, on passe à France Gonzalvez, une bonne bouille qui a sû s’imposer dans ce milieu de mec et qui n’est pas dans le Beaujolais pour presser des citrons. Son primeur est tout en douceur et féminité avec une putain d’envie d’y retourner se resservir un verre. Et là te vient déjà la p’tite envie de blaguer avec le taulier quant à l’arôme du vin, est-il banane ou non ? Et ben « Banana Split » de Lio, je sais ça va paraître tôt dans la soirée pour certains mais ça fait parfois du bien parfois d’écouter un titre quand tu n’as pas encore franchi le cap des 2 grammes d’éthanol dans le sang !

On est bien, la night commence et un p’tit truc un peu festif « guinguette »  sans l’être vraiment ferait du bien quand même ! D’autant plus qu’on arrive au troisième vigneron à goûter. Allez, je propose le Cambon Nouveau 2017 de Marie Lapierre et Jean Claude Chanudet. Ça vous dit sans doute pas grand chose mais Marcel Lapierre (feu Marcel Lapierre) est un grand Monsieur qui a beaucoup participé à redonner ses lettres de noblesses aux vins du Beaujolais et ce sont ses enfants qui ont repris le flambeau en proposant toujours des vins très fins et encore un primeur comme on les aime, gouleyant et fruité. À Monsieur, Mister donc pourquoi pas Mr. Scruff « Get a move on! » ? Y’a un côté festif sauf que ce n’est pas Caravan Palace mais un sample de Moondog (autre très grand Monsieur, dans la musique pour le coup) qui donne le groove à la track et commence à te faire te déhancher, la cravate autour du coup légèrement desserrée.

N’oubliez pas la planche de charcuterie !

Et qui dit charcut’ dit cornichons et là j’écouterai bien « Les Cornichons » de Nino Ferrer repris par Curlee Wurlee, une p’tite teutone qui reprend notre Nino national. J’accepte volontiers mon verre de Jean Claude Lapalu, je sens que ça complique mais qu’en même temps on passe à un niveau supérieur, un Beaujolais Nouveau qu’on aimerait bien y remettre le nez dedans au printemps prochain tellement le vin est concentré et demande un peu d’attente avant de l’apprécier à sa juste valeur. Le saucisson justifiera le plaisir de l’accompagner avec se doux jus.

On me dit qu’il y aura une surprise après le cinquième Beaujolais !

Alors allons-y pour l’avant-dernier godet, la soirée est déjà bien avancée, les blagues parfois graveleuses, l’ivresse est là, on imagine bien refaire la blague de la banane. Pas de bol, je pensais avoir « La Banane » de Katerine en LP mais non. Je claquerai uniquement la pochette du Velvet Underground pour la banane d’Andy Warhol en buvant mon verre de Jean Foillard. Et encore un vin à fort potentiel de garde, arôme plus complexe, bouche plus expressive, un truc à se gratter la tête et s’interroger.

Alors que j’ai les dents du fond qui baignent, on me propose un dernier verre pour la route, un vin primeur mais pas du Beaujolais. De plus en plus de vignerons de toute la France s’essaie aux vins primeurs et là c’est un vin de la Loire du la Grange aux Belle « La Primera Vez » (pas besoin de traduire) et c’est du Grolleau (le raisin) et c’est bon, différent de l’expression du Gamay, son côté brioché bien en place lui donnant douceur et réconfort (plutôt pas mal avant de retrouver les bras de Morphée). Et pour finir une belle soirée de délices et remercier ses vignerons qui font attention à ton crâne le lendemain matin, je leur dédierai « Tout le monde il est bon, tout le monde il est gentil » et je rentrerai faire ma petite prière avant d’aller me coucher.

Ma chronique semble être longue, un peu comme ce genre de soirée où l’on pense rentrer dans un rade pour prendre un verre et en ressortir à la fermeture, donc finalement courte.

On en reparle demain avec ou sans aspirine.

Bonne santé et bon Beaujolais !

Maxime