VIN(YLE) :: Public Enemy vs Ma Petite République

WELCOME TO MA PETITE REPUBLIQUE

30 ans qu’ils nous font chier et 30 ans qu’ils nous excitent, un nouvel album et des jalons déjà posés il y a tant d’années…

Pour ma première chronique, j’aurais pu parler d’un rosé « consensuel » afin de coller avec la saison, mais je vais déblatérer sur un gros rouge qui tache, sans doute, un truc qui colle aux ennemis publics numéro 1…

Alors voilà, Electrophone m’a demandé suite à mes dérives vinicolo/vinylistique de broder autour d’un disque et d’un pinard, et pour commencer la saison, j’attaque du ballon avec un Bordeaux et PUBLIC ENEMY.

Pourquoi ?

Parce que ça fait 10 mois qu’on me casse les c******s avec cette « Petite République » que je ne connaissais pas, un Bordeaux  Fronsac d’un gars qui bosse sa parcelle coincée entre la mairie, le cimetière, l’école communale et l’église et en plus labourée par un canasson !

Parce que ça fait six mois que j’écoute « Fight the Power » parce que pour moi quand on me parle de « marche » je pense plus à celle sur Washington, en 1963, qu’une histoire d’économiste arrivé au pouvoir via les médias et les lobbies.

Parce que la République est un droit de chaque citoyen et qu’à l’aube d’un énième 14 juillet, il faut en prendre encore plus conscience.

Parce que j’écoute ces disques de Public Enemy 15-20 ans plus tard que ma première écoute et que c’est tout aussi virulent qu’à l’époque et que dès les premiers titres (« Brothers Gonna Work It Out » et « Whole Lotta Love Goin On In The Middle Of The Hell ») j’ai la gnaque.

Parce que, je me dis « Putain mec, t’as 40 piges et tu connais encore ces disques par cœur alors que tu télécharges des mp3’s à longueur de journée ! »..

Et parce que « Fear of Black Planet » et « Muse Sick-N-Hour Mess Age » restent des putains d’albums-concept pour leur époque, qui s’écoutent du début à la fin, avec une bande de rappers et de producers qui défoncent tout et ont su s’adapter à leur époque (The Bomb Squad en force avec plus de 200 samples utilisés sur l’un et des guitares électriques et de la batterie sur l’autre)

Alors, pourquoi ce vin ?

Parce que son nom me parle autant qu’un album de P.E. (alors que j’aurais pu m’écouter un vieux LP de jazz en sirotant mon verre dans un sofa)

Parce que 5 jours après ouverture, il est toujours aussi bon qu’un album de P.E. (le bonheur de goûter une quille sans saloperies dedans)

Parce que, je pense que le mec qui a cultivé sa vigne puis fait son pif (alors qu’il sort de Sup de Co) avait inconsciemment la même démarche que P.E. : s’inscrire dans la longueur (sans déconner, je pense me choper un carton de 6 bouteilles et les oublier une paire d’années avant d’en ouvrir une), interpeller le consommateur et faire ce qu’il avait envie de faire en fonction de ce qu’il avait (tu m’étonnes, le gars, il sort 1500 bouteilles et pas plus sur son lopin de terre)…

Voilà pour ce jet à base de Merlot et de Cabernet Sauvignon, je m’en vais finir ma bouteille en écoutant « Burn Hollywood Burn » .

On se retrouve bientôt pour de nouvelles divagations autour de The Cure et le Carrignan ou bien les bienfaits de Chardonnay en écoutant du Isaac Hayes.

Maxime François

Vin : « Ma Petite République » Paul Carrille
Vinyles : « Fear Of Black Planet » et « Muse Sick-N-Hour Mess-Age » de Public Enemy