VIN(YLE) :: NICE & SMOOTH vs LABET vs METRAS

« Old school new school là n’est pas la question » (Rocca « Mon Royaume »)

J’ai pris des vacances (deux semaines), bu des vins (tous les jours) sans trouver le « truc » à chroniquer (en même temps vous étiez tous sur les plages à boire des Spritz ou des bières corses…) jusqu’à ce soir, où on a enchaîné les quilles avec mon vieux pote Pat avec qui j’avais envie de me (nous) faire plaisir …

Résultat des courses : deux bouteilles qui nous ont bien trouées le cul.

Au départ je ne pensais pas avoir à en parler mais c’est en entendant (et je ne dis pas « écoutant ») « Hung Up » de Madonna que le flash m’est venu, ce sample de Abba ré-actualisé afin d’en sortir un tube des années 2000 m’a ouvert les yeux, les oreilles et les papilles quant à ma chronique.

Le disque : un maxi de Nice & Smooth « Old to the new » un truc hip hop de New York sorti en 1994 (je ne connaissais pas encore mon partenaire de dégustation à cette époque)

Les bouteilles : un « Poulsard » parcellaire « en Billat » de Julien Labet et un « Beaujolais » d’Yvon Métras ,la jeune garde du vin jurassien versus un précurseur du vin naturel dans le Beaujolais (suite à l’impulsion lancée par Marcel Lapierre).

C’est pas compliqué, on goûte un cépage spécifique du Jura qui exprime des notes poivrées, un nez qui frise la grenadine par moment, une couleur d’un rouge clair, de belles larmes coulant le long du verre, un délice pour le nez, la bouche, le corps et l’esprit, une impression de boire un très bon vin du Jura sud Revermont, spécifique d’un travail parcellaire, toutes les couches géologiques étant exposées verticalement et non horizontalement (c’est un peu comme si ton jardin avait fait un quart de tour sur lui-même et que toutes les différentes strates de terres étaient à fleur de surface et non ensevelies l’une en dessous de l’autre, d’où un travail et un vin produit pour chaque type de terrain). C’est quand même zinzin parce que le vin qu’on a bu est issu de 57 ares de vignes qui ont elles-même trois âges différents !

Et pour le Beaujolais ? Bah c’est Yvon Métras, un mec qui a l’air plutôt rustre aux premiers abords, un gars que quand tu vois ses vignes on dirait une prairie tellement il privilégie un enherbement naturel autour de ses ceps, une vision d’un vin travaillé sans pesticides pour sa viticulture ni adjuvant chimique quant à l’élaboration de ses vins, un cador dans son style en somme ! Et quand tu goûtes son pinard, tu oublies la banane (parce ça c’est des conneries qu’on te raconte sur le Beaujolais Nouveau, mais ça c’est une autre histoire à te raconter une autre fois), tu as aussi une couleur rosée clairet agréable à l’oeil et qui te dit « bois-moi et tu verras ce qu’est le vrai Beaujolais » et une énergie qui te traverse et te file la patate à chaque gorgée.

Alors pourquoi un maxi de rap pour illustrer ces vins ?

Pour le titre, « le vieux au neuf », la jeune garde contre le « déjà » vieux (ou plutôt établi) du vin naturel.

Pour un morceau que tu prends plaisir à réécouter comme quand tu ouvres une bouteille de ces deux gaziers et que ça te rappelle de doux souvenirs, partagés entre amis, tout comme ces rouges bus avec son meilleur pote.

Pour une réelle énergie, celle du hip hop qui se contrefout des codes et qui va de l’avant, celle des vins « libres » qui te font des découvrir des jus de raisins fermentés sans la moindre saloperie ajoutées (ou très peu).

Pour une maîtrise de ta production tant musicale que vinicole qui n’a qu’un bute : « faire kiffer les anges » et c’est ça qu’on veut, prendre juste son pied en écoutant un vieux titre de rap de notre jeunesse ou boire un vin simple (ou devais-je dire honnête par sa franchise dans son expression).

Voilà, j’ai adoré déguster, boire voire abuser de ses nectars, tout comme je viens d’écouter la track de Nice & Smooth cinq fois sur ma platine. Après si tu n’aimes pas le rap, c’est pas grave, goûte quand même ces vins et il te donneront envie d’écouter sans doute un titre de ta discothèque.

Promis, j’essaierai d’être plus régulier dans mes blabla « éthanolés » à l’avenir …

Maxime

NICE & SMOOTH « Old to the new » 1994

Domaine LABET Poulsard « en Billat » 2015

Yvon METRAS « Beaujolais » 2012