VIN(YLE) :: Dizzy Gillespie vs Les Pièces Longues

UNE HISTOIRE DE FOUS

Seconde chronique : la préquel ou le pourquoi du comment je me retrouve à parler d’une bouteille et d’un disque.

Je plante le décor, lundi mon jour off, une sortie de 50 bornes à vélo, du soleil, un tour chez mon meilleur dealer de disque à Metz « La Face Cachée » et je tombe sur un disque édité chez Barclay « Bain… Humour… Et… Gillespie » pour quelques euros. Je rentre à la maison, prépare mon déjeuner de 15h, file dans ma cave trouver la jolie quille qui pourrait accompagner mon poulet au four (avec ses patates, Lorrain oblige). Un p’tit blanc bien frais fera l’affaire! Je jette mon dévolu sur un blanc sec de Cahors « Les Pièces Longues » de Fabien Jouves du Mas Del Périé.

Alors pourquoi cette association ?

Parce qu’on a affaire à deux fous pour leur époque !

Un gars qui fait du vin avec des noms zinzins pour sa partie négoce (j’achète du raisin et j’en fais du vin) avec des noms complètement décalés « Tu ne vin plus aux soirées », « You fuck my wine », « Omar m’a abuser » et un trompettiste dont mon premier souvenir est un passage au Muppet Show où je le vois souffler tellement fort dans sa trompette que j’ai l’impression d’avoir un crapaud sur mon écran de télé tellement ses joues sont gonflées.

Parce que quand tu t’ouvres une quille des ces vins de Cahors tu re-découvres cette appellation avec un côté plus « spicy » qu’à l’habitude (n’en déplaise aux défendeurs de l’appellation Cahors), une envie de t’enfiler la bouteille tellement c’est un jus gourmand, non filtré avec peu ou pas d’ajout de soufre et parce que le bonhomme avec sa bouille barbue te file le smile.

Parce que Dizzy Gillespie, bien qu’être un des gars du bebop, c’est des tracks découvertes sur ses albums pour Verve ou Impulse qui te donnent tout de suite un envie de bouger ton arrière train (checks ses titres d’influences afro-cubaines), de chanter les refrains (« Swing Low Sweet Cadillac »), des morceaux géniaux orchestrés par des gars géniaux (« Toccata » arrangée par Lalo Schifrin).

Alors j’ouvre ma bouteille tout en posant ma galette sur ma platine, et là …

Et là c’est un autre monde qui s’ouvre à moi, un vin blanc d’un cépage que j’adore, le Chenin (plus connu le long de la Loire pour ses Vouvray, ses Montlouis ou ses Côteaux du Layon) qui une fois l’alcool passé (le 1er verre), tu découvres des arômes de coing, de pomme séchée, une couleur dorée très jolie à l’oeil, une bouche vive avec de la matière et une finale épicée, persistante.

Et mon Dizzy dans tout ça ? Super album (ou compilation de deux enregistrements) de jazz enregistrée en France, de superbes thèmes (« Autum Leaves », « Over the Rainbow »), du beau monde (au balcon et pas que), un côté chill de la French Riviera, des thèmes joliment interprétés, un disque classique mais « classy » , en plus un mec qui chante je ne connaissais pas, un certain Austin Cromer (Cromer le crooner).

Du coup, petite photo du disque, de la bouteille et du verre avec le divin nectar et on se met à papoter avec les gaziers d’Electrophone afin d’envisager une chronique estivale.

Voilà, y’a pas à dire, en France on sait quand même faire des choses bien, des bons vins, des bons disques et des bons gars pour relayer l’info (je ne parle pas de moi mais d’Olivier et Damien).

Sur ce, je retourne à mon tire-bouchon et à mon étagère remplie de disque d’acétate pour te pondre rapidement une nouvelle chronique. Cheers !

P.S. Je finis de rédiger mon papier sur une autre compilation de Dizzy qui s’appelle « The Champ » sortie sur BYG et ça conforte et confirme cette idée de vitalité qu’il y a dans sa musique et qu’il fait bien partie des plus grands trompettistes du XXe siècle.

Maxime