Vaillant :: Mirage Orange

© Sarah Dinckel

Jusqu’à il y a peu, on connaissait Olivier Stula pour être l’un des membres d’ A Second Of June, groupe mêlant new wave et post punk avec intelligence et auteur de deux albums chez Herzfeld. Après un premier essai passé inaperçu en 2014 (Alpha Image) et une collaboration avec Thomas Joseph en début d’année, le Strasbourgeois relance son projet Vaillant.
Toujours pas d’hommage appuyé aux bolides du héros de Jean Graton. Olivier cultive plutôt un goût prononcé pour d’autres engins tout aussi classieux que sont les claviers analogiques. Les amateurs de Tanzbär, Mother-32, 0-Coast, Odyssey, et Alpha Juno-1 seront aux anges à l’écoute de ce nouveau disque. 
C’est un passé électronique protéiforme allant de la kosmiche musik à l’electronica, en passant par l’ambient qui éclate au grand jour sur Mirage Orange. En appelant ainsi son premier album, Olivier Stula a-t-il voulu s’inscrire dans la lignée de Klaus Schulze (Mirage) et Richie Hawtin (Minus Orange) ? Même si cette question repose plus sur une simple affabulation de chroniqueur plutôt que sur un fait réel, Mirage Orange offre une relecture personnelle et délicieuse des différents genres de la musique électronique à travers les âges.
 Le titre d’ouverture ‘Mimosa’ fleurit le tracé autoroutier créé par Kraftwerk. ‘Astral Olympique’ nous envoie dans un cosmos musical en compagnie d’Harmonia. Lorsque l’on parle de ces derniers, la référence à Brian Eno n’est jamais très loin et cela s’en ressent sur ‘Ruban Rose’ et ‘EMA’. Le titre qui a donné son nom à l’album nous propulse dans un rêve de Tangerine en compagnie de Steve Reich. Un album de musique électronique sans une approche danceflooresque n’en est pas un. C’est pourquoi Olivier Stula se permet une incartade sur les pistes de danse avec ‘Rayon Aube’ et la bien nommée ‘Paillettes’.
Certains parleront probablement de manque d’homogénéité à l’écoute de Mirage Orange. On préférera nous parler d’essai de réappropriation des claviers analogiques et des courants musicaux qu’ils ont fait naître. Tâche ardue qu’Olivier Stula réussit haut la main car, à cœur vaillant rien d’impossible.

Damien