Uniting Of Opposites :: Ancient Lights

A une époque marquée par l’individualisme et dans laquelle on n’a pas honte de baisser les yeux lorsque des bateaux remplis de demandeurs d’asiles tentent de nous accoster, il est bon de voir que la musique reste l’un des derniers bastions d’humanité.  Un bastion dans lequel on croit encore que l’union fait la force et que la richesse d’un peuple se trouve dans sa diversité. Cela,  Uniting Of Opposites l’a bien compris en n’hésitant pas à mélanger les genres grâce à un melting-pot de cultures et d’inspirations.
Derrière cette pochette qui touchera, à coup sûr, les amateurs de Miles Davis période Bitches Brew, se cache la nouvelle aventure du Tim Liken (alias Tim Deluxe, DJ producteur reconnu), Clem Alford (sitariste qui a appris la sitar aux côtés de Pandit Sachindra Nath Saha) et Ben Hazleton (contrebassiste de jazz).
Avec l’aide d’Eddie Hick (Sons of Kemet, Ruby Rushton) à la batterie, Idris Rahman (Ill Considered, Wildflower) à la clarinette, Manjeet Singh Rasiya au tabla et Marcina Arnold à la voix, le trio explore le jazz classique en le fusionnant incroyablement bien à l’electronica ainsi qu’à des styles musicaux traditionnels indiens. Si jazz et electronica ont déjà prouvé qu’ils pouvaient  faire des merveilles ensembles, ça n’a pas toujours été le cas entre musiques traditionnelles indiennes et jazz. Et c’est là toute la force d’ Ancient Lights, premier album des Anglais. Redéfinir le jazz et exprimer une fluidité dans  l’assemblage des oppositions musicales est une tâche qu’Uniting Of Opposites maîtrise à merveille.  Le morceau d’ouverture nous transporte d’emblée vers des contrées insoupçonnées. Hypnotique et luxuriant sur Mints et Dr Roach, Uniting Of Opposites sait aussi se faire spirituel et éthéré sur le titre qui a donné son nom à l’album. Parfois proche de ce qu’a pu faire Galliano sur le label Acid Jazz, Uniting Of Opposites joue un groove cosmopolite des plus rafraichissant sur l’ensemble d’Ancient Lights.
Le trio Anglais ouvre nos oreilles à de nouvelles possibilités mélodiques et rythmiques grâce à un premier album plus que réussi. Un album fortement déconseillé au pro Brexit.

Damien