Ulrika Spacek :: The Album Paranoia

Ulrika Spacek the album paranoïa review chronique

Les histoires les plus simples sont souvent les meilleures. Celle d’Ulrika Spacek est tout ce qu’il y de plus simple et n’est pas très originale.

C’est l’histoire de deux types qui, lors d’une soirée, décident de monter un groupe. Des débuts d’histoires comme celles-ci, il y en a eu des milliers, mais peu ont débouché sur un premier album aussi captivant. Car ce dont ont accouché Rhys Williams et Rhys Edwards est tout simplement énorme.

Et pourtant, il n’y a vraiment rien de nouveau dans la musique d’Ulrika Spacek. On entend Deerhunter, Sonic Youth , Can et même parfois les affreux Tame Impala. Il est bien loin le temps où le groupe s’appelait encore Tripwires et se prenait pour le Radiohead d’avant Ok Computer. Imaginez-vous un mix entre Washing Machine, le second album du Velvet Underground et Microcastle et vous aurez une idée de ce que peut donner The Album Paranoia.

La musique des anglais ressemble à ce que de nombreux groupes nous offrent aujourd’hui. Il y aurait de quoi se lasser très vite, mais c’est tout l’inverse qui se déroule tout au long des 45 minutes de The Album Paranoia. Ulrika Spacek a le bon goût de reprendre à la perfection toutes nos obsessions musicales et d’y injecter un élan de fraîcheur inespéré qui vient dont on ne sait où.

Avec une liberté totale, les protégés du label Tough Love osent tout et même mélanger dans un seul titre, indie rock, shoegaze, psychédélisme et krautrock. Idem lorsqu’il s’agit de jouer avec les ambiances. On passe de l’ombre à la lumière, du bruit blanc et dissonant au son plus calme et planant sans même y être préparé. On a beau connaitre toutes les ficelles de cette musique, on se surprend à être bousculé, happé par tant de génie. On n’a jamais vu une telle symbiose de styles et de genres sur un même album. The Album Paranoia est une réussite totale.

Les histoires finissent mal en général, celle d’Ulrika Spacek a déjà le mérite de commencer sous les meilleurs auspices.

Damien