Ty Segall – Manipulator

Ty Segall ManipulatorTy Segall. Que peut-on dire de plus, et surtout de nouveau, sur l’un des artistes les plus prolifiques de sa génération ? Rien. Presque tout a été raconté en long, en large et parfois de travers. Il n’y a pas un seul magazine spécialisé qui ne va pas de sa petite chronique dithyrambique à chaque sortie d’album.  Et Manipulator, dernier album en date, n’échappe pas à la règle. Ty Segall est en passe de devenir le symbole de toute une génération de musiciens comme l’a été en son temps Kurt Corbain. Sa musique est le reflet d’une époque où tout fout le camp et qui regarde dans le rétroviseur à la recherche d’idoles faisant office de balise. Qu’il le veuille ou non, Ty Segall devient lui-même une idole pour de nombreuses personnes en mal de repère. Comment en est-il arrivé là lui qui n’a jamais rien demandé à personne ? Les temps changent pour l’Américain et depuis l’annonce de la sortie de Manipulator quelque chose cloche. En regardant de prêt les dernières photos promo du Californien, on se demande s’il n’a pas compris cela. Comprend-il que quelque chose de trop lourd à porter est en train de se réaliser autour de sa personne ? Ty Segall apparaît quelque peu perdu dans un trip hippie-glam renforcé par un maquillage étudié. Les trois petits points noirs sous l’œil droit ne font que conforter l’impression d’être en face d’un homme en pleine crise. Triste, mélancolique, au bord de la folie comme l’a été Syd Barrett, voilà comment Ty Segall se dévoile. Mais Manipulator marche sur les traces de Twin et sauve encore la face du musicien. Mais, l’image de cet homme qui se cache derrière du maquillage reste ancrée. Rien n’y fait. Je ne serai pas étonné d’apprendre que le prochain album de Ty Segall sera inattendu, incompréhensible et qu’il sera son Metal Machine Music. Bref disons les choses clairement, Ty Segall semble être en train de perdre la boule, mais nous ne le savons pas encore. Seul l’avenir pourra confirmer ce pressentiment.

À part ça, Manipulator est une pure merveille.  Rien à dire de plus que ce que vous pourrez trouver ailleurs.

Damien

Son