TUNIC :: COMPLEXION

Après avoir sorti pas mal d’EP et des splits en veux-tu en voilà, notamment avec Conduct ou plus récemment avec Blessed, les Canadiens de Tunic sortent enfin leur premier album, Complexion. C’est dispo depuis le 8 février via le label Self Sabotage.
J’avais lu le nom « Tunic” via des contacts, sur Facebook (décidément…), associé à des propos absolument dithyrambiques. Ça m’avait alors interpellé parce que j’y voyais un hommage à la merveilleuse chanson de Sonic Youth. Aucune idée s’il y a un lien d’ailleurs…

J’avais écouté et j’avais pu apprécier la punk-noise percutante, violente et sacrément opérante. Un peu comme METZ, mais un cran au-dessus au niveau de la hargne.
Mais comment passer du format EP ou split où l’efficacité tient en une durée restreinte, mais intense ? Eh bien les Canadiens ont réussi ce mélange des genres format court / format long. Un album, 11 titres… en 22 minutes.
Des mini-titres pour la plupart, qui sont autant de tartes dans la gueule. Tu appuies sur « play », l’assault est immédiat ; pas d’introduction, pas de préliminaires, rien. Tu rentres direct dans le sujet. Et ça fait mal. Et putain que c’est bon. Première salve à peine finie qu’un autre titre prend le relais. On ne reprend pas son souffle. Ou difficilement. ‘Sand‘ et ‘Paper‘ permettent un apaisement de quelques secondes… Puis ça reprend. Le chant n’est que des cris, comme du papier de verre à même ta peau, qui vient dire la hargne, la rage et la violence.
Cet album est certes monolithique mais parvient, paradoxalement, à être contrasté. Il y a quelque chose de la catharsis : tout est livré de manière brute et brutale.
Une certaine mélancolie s’invite sur ‘Empty handed’ ; « Pores » a des relents bruitistes qui grincent, crissent et qui irritent les oreilles, avec un sax invité qui ouvre le titre à l’arrache en roue libre, un peu comme échappé du film Lost Highway.
Au final, avec leur premier album “Complexion”, Tunic n’essaie pas de séduire. Ce disque te balance tout dans les dents, d’une traite. Tu gères, tu encaisses, tu avales. Ou pas.
Elissa