Interview :: Tunic

Le 9 mars dernier (oui, oui…mars…), nous avons respectivement quitté Saint-Mihiel et Cologne pour Namur afin d’assister à la dernière date européenne de Tunic. Les frites étaient dégueux mais Tunic, eux, ont été à la hauteur de nos attentes !

David (à Elissa): Donc d’après toi, ton anglais n’est pas très bon ?

Vanessa : Comme tu peux le constater, elle ment…

David : Mais oui ! À chaque fois que je rencontre des gens qui me disent « Mon anglais n’est pas très bon…», je me dis « mais toi, tu peux le dire dans une autre langue, moi non ! »

Elissa : Elle a vécu à Londres et en Nouvelle-Zélande, notre niveau n’est pas le même et les Français ne sont pas vraiment doués pour les langues étrangères

Vanessa : Oui mais c’était il y a très très longtemps…donc, j’ai fait quelques recherches au travail jeudi et mes notes sont très désordonnées mais elles vont pouvoir nous servir de base…

David : D’accord !

Vanessa : On va donc commencer par d’où vous venez, Winnipeg ! Dans un entretien de 2014 avec Noisey, Riley Devine et Andre Cornejo de Dead Ranch, que tu connais probablement, ont respectivement dit « Winnipeg est un endroit merdique » et « Winnipeg est pour sûr un endroit où il faut faire plus ». Toi, qu’aurais-tu à dire de Winnipeg ? Es-tu d’accord avec ça ?

David : Faire plus ?

Vanessa : Oui, faire plus. Peut-être pour pouvoir en partir…

David : Ok…donc oui, effectivement je connais Dead Ranch, on partage un studio de répète ensemble. Winnipeg ressemble un peu à une île au milieu de la prairie canadienne et la ville la plus proche pour jouer est à 8 heures de route.

Vanessa : Huit heures, vraiment ?

David : 8 heures au sud, 8 heures à l’ouest. Approximativement 24 heures à l’est si on veut aller à Toronto. Et comme Winnipeg est la plus grande ville dans un rayon d’une journée de route, on doit toujours…bon c’est en fait un peu moins d’une journée, mais on doit toujours faire plus pour sortir de là et aller jouer ailleurs, ou même faire autre chose comme c’est une petite ville. Il y a environ 700 000 habitants et tout le monde se connaît très bien dans le milieu de la musique. Il faut toujours essayer de se comparer aux plus grandes villes et faire plus de façon à créer sa propre culture et sa propre scène au sein de la communauté. Et cet isolement te pousse à le faire parce que personne ne le fera pour toi.

Elissa/Vanessa : Ok

Vanessa : Et donc si c’est si loin de tout, est-ce que ça reste vivant comme ville ? Y a-t-il une scène winnipegoise ? J’ai lu que c’était le cas dans les années 90, est-ce que ça l’est toujours ?

David : Oui, il existe toujours une forte communauté même si elle n’est plus aussi florissante, surtout dans notre domaine…Nous sommes plus…on est trop bizarre pour la scène hardcore et trop bruyant et punk pour celle indie-rock…

Vanessa : Et si je ne me trompe pas, tu viens initialement de cette scène indie-rock ?

David : Oui, ainsi que Rory, le bassiste. Il n’y a pas vraiment de scène pour ce que nous faisons et on a plus de succès dans des villes comme Minneapolis, Chicago, Los Angeles ou encore Seattle. Et d’une certaine façon, on a été obligé de créer notre propre culture, notre propre divertissement…

Vanessa : Ok, donc…la façon dont le groupe a commencé, tu as été bassiste dans plusieurs groupes et un jour vous avez décidé de monter votre propre groupe avec ton ancien batteur. Tu lui as montré tes morceaux et il t’a répondu « Ok mais je joue comme ça », ce que tu as décrit comme « une brique dans un sèche-linge » (rires de D.) Tu as donc dû adapter tes morceaux à son jeu. Comment est-ce que cela s’est passé pour toi ? Parce que tu avais peut-être déjà une idée précise de ce que tu voulais pour ces morceaux et le résultat final a été différent…est-ce que ça été problématique pour toi ?

David : Non, c’était Samuel…Samuel, béni soit-il, un mec génial, un batteur génial…et Sam venait de la scène hardcore et on était plus ou moins potes et…j’avais oublié que j’avais dit ça dans une interview il y a longtemps, c’est vrai !

Vanessa : Je t’ai dit que j’avait fait mes recherches !

David : Mais oui, la totale, cousins, coiffeur etc ! En fait, je n’avais pas vraiment d’idées. J’avais une vague idée mais c’était aussi ma première fois en tant que guitariste et la première fois que j’écrivais des chansons. Et entre mon manque de connaissances et l’immense savoir de Sam, on a réussi à surmonter tout ça, à unir nos forces et nos lacunes tout ça et à créer quelque chose d’inattendu. Jamais je n’aurais pensé pouvoir chanter-crier avec force dans un groupe. Une sorte d’effet boule de neige qui s’est transformé en ça…et c’est vraiment bizarre…je ne m’y attendais pas du tout. On ne pensait même pas partir en tournée ou autre…

Vanessa : Et vous tournez énormément. J’ai vu vos dates en Europe et après ça vous retournez au Canada, puis aux Etats-Unis pour un mois entier ou quelque chose comme ça ?

David : C’est ça. On rentre pour 12 heures. On arrive à 20h00 lundi et on reprend la route mardi à 9h00 pour une semaine, puis on rentre et on repart pour un mois. Mais non, au départ rien de tout ça n’était prévu puis le projet a fini par avoir sa propre existence !

Vanessa : C’est chouette ! Pour en revenir à Sam, vous avez changé de batteur. On peut te demander pourquoi ou c’est trop personnel ?

David : Non, non, pas du tout. Sam n’aime pas partir en tournée. Il aime rester chez lui et il fait beaucoup de noise. Il ne supporte donc pas de passer tellement de temps sur la route tous les jours et il n’est pas fait pour ça. Ce n’était pas lui, donc voilà…

Elissa : Ça doit être épuisant ?

David : Oui ça l’est et il n’aime vraiment pas ça. Et à chaque fois qu’on partait, il le disait et moi, je lui répondais « Hey, je veux faire ça pour de vrai et je veux faire une centaine de concerts par an. » et Sam était « Je-ne-veux-pas-faire-ça-du-tout » ce que je peux comprendre…du coup, il était temps de…et ça a été très…Sam a enregistré l’album et c’est la toute dernière chose qu’il a faite. C’était le deuxième jour en studio et Sam a joué ses derniers accords de batterie et il s’est levé et nous a fait (D. frappe dans ses mains) « Bon ça aura été 6 années géniales » et on a juste répondu « Salut Sam ! »

Elissa/Vanessa : Ok…

Vanessa : Donc…que je remette de l’ordre dans mes notes…on vous a beaucoup comparé à des groupes tels que Melt Banana, ken Mode, CRASS, Jesus Lizard, METZ et même Girl Band. Qu’en penses-tu ? Es-tu d’accord avec tout ça ? Ou est-ce que c’est trop de pression ?

David : Non, c’est toujours très drôle quand je lis ce genre de chose parce qu’initialement je ne viens pas de ce monde. Maintenant quand on me répète plusieurs fois « Vous me faites penser à ce groupe », j’écoute le groupe en question et réalise que oui c’est plutôt vrai !

Vanessa : Ceci dit ça doit être plutôt cool ?

David : Ouais ça l’est. METZ était le groupe de départ et j’étais un peu « Ouais ! Il y a ce cool groupe qui fait ça » et ça a été la structure ou le squelette. Ils ont été une sorte de plan pour Tunic jusqu’à ce qu’on s’en détache et devienne plus étrange. D’où le lien avec Melt-Banana, plus de bruit et moins de chansons.

Vanessa : On les a vus il y a 2-3 ans de ça et c’est assez vrai

David : Oh wouah, j’adorerais voir ce groupe !

Vanessa : C’était d’ailleurs à Metz !

Rires

David : D’ailleurs les premières fois où j’ai entendu tous ces groupes, je me disais « Mais c’est horrible » et là 5 ans plus tard, c’est plutôt « Merde ! Je les aime vraiment bien maintenant ! »

Rires

Elissa : On s’interrogeait aussi sur le nom du groupe, Tunic. La première où j’ai vu votre nom, c’était dans mon fil d’actualités Facebook. Un de mes contacts à Lyon (Benjamin Mialot) vous avait vus plus ou moins un an auparavant. Et j’ai vu ce nom et j’ai tout de suite pensé à Sonic Youth « Tunic ». Y a-t-il un lien entre le morceau et le nom du groupe ou est-ce une pure coïncidence ?

David : Oui, c’est exactement d’où vient le nom du groupe, « Song for Karen ». Quand on a commencé, Sonic Youth a été mon premier cadre de référence. Je voulais avoir le même son qu’eux, bruyant et bizarre mais avec une base solide dans le songwriting. Donc oui, Sonic Youth ! Nous sommes nommés d’après eux même si au final on ne sonne en rien comme eux, ou peut-être un petit peu…

Elissa : Un petit peu…donc il n’y aucun lien avec le thème du morceau ?

David : Non, aucun. Juste le nom. J’étais chez moi et je regardais le verso de tous mes disques en quête d’inspiration et Tunic est un mot unique, plutôt esthétique et court et voilà.

Elissa : Ok

Vanessa : L’album a donc été enregistré en 6 jours et l’album dure 22 minutes pour 11 morceaux…est-ce que tu te vois…l’album a été enregistré si rapidement…tu penses que vous pourriez sortir un album tous les ans ? Est-ce que tu penses que ce serait possible ?

David : Oui, j’aimerais bien…et le plus gros frein à l’enregistrement du prochain disque qui est plus ou moins écrit est toutes ces dates de concert ! L’écriture du dernier album a demandé énormément de temps. Ça fait 6 ans que le groupe existe et les quatre premières années ont principalement consisté à essayer de trouver notre son pour ensuite réserver un studio pour enregistrer l’album et c’est seulement à ce moment qu’on a commencé à l’écrire. Un peu comme si on s’imposait une échéance.

Vanessa : Oui c’est plutôt une bonne façon de travailler. Tu sais que tu dois produire quelque chose à une certaine date, il n’y a pas le choix, j’imagine…

David : C’est une façon de me mettre la pression

Vanessa : Plus de choix possible à part le faire…

David : C’est pour ça que l’album donne l’impression d’avoir été écrit en une fois. On a déjà neuf nouveaux morceaux et le tout dure probablement 15 minutes mais…(rires)

Vanessa : Il y a d’ailleurs cette phrase dans une chronique à votre sujet « Quand un morceau de Tunic finit, on a l’impression d’être à bout de souffle. » (Stereogum, 24.04.18) et je suis d’avis qu’un bon morceau ne devrait pas durer plus de deux minutes et avoir cette sensation de sexe intense qui une fois fini te donne juste envie de recommencer !

Rires

Vanessa : Quand on me dit qu’un morceau dure 8 minutes ou plus, je me dis tout le temps « Oh non, je ne veux pas l’écouter, 8 minutes c’est tellement long… »

David : Tu devrais dire ça à mon ex !

Rires

David : On s’épanouit vraiment dans le « moins c’est plus, allons droit au but ». Même si ça peut être difficile à écouter. Sur cette tournée, on ne joue qu’une demie-heure et je ne pense pas que le public souhaite nous écouter plus de 30 minutes ! Et je ne veux pas faire ça…

Elissa : Oui avec le chant crié et tout le reste

David : Absolument ! Lors de notre première tournée, on jouait 14 minutes. On passait 9 heures dans la voiture pour ensuite jouer 14 minutes. On faisait les balances pendant approximativement une heure pour ensuite jouer 14 minutes. Maintenant nos sets sont plus longs mais l’essentiel est d’être rapide. Rapide, nerveux et crade…

Vanessa : C’est chouette, j’aime ça !

Rires d’Elissa

David : Rapide, nerveux et crade et va droit au but et ne laisse rien de côté. Je ne veux pas que le public en veuille plus. Donne ce que tu as à donner et finis le.

Elissa : C’est cool !

Vanessa (arrangeant ses notes) : donc comme je te le disais, j’ai lu beaucoup de choses sur vous jeudi, et ce qui est revenu régulièrement pour vous décrire était « arty noise punk ». Que penses-tu de ce qualificatif d’arty ? Pour moi, et beaucoup de gens aussi, c’est assez souvent utilisé péjorativement ou avec une connotation négative. J’imagine que vous n’en êtes pas à l’origine et du coup, ça provoque quelle réaction pour vous ? Ça ne vous dérange pas trop ?

David : Ça me va…Je sais que ce qu’on fait est compliqué à doubler avec d’autres genres de musique. Je viens juste de réaliser que votre dictaphone n’enregistre pas mes gestes, je vais donc devoir trouver des mots ! Donc…quand je pense art-punk, je pense à…je ne sais pas, au Yeah Yeah Yeahs, et si on pense art-rock, ce serait David Bowie, TV On The Radio ou des trucs dans le même genre, et…on a d’ailleurs eu cette conversation à la fin d’un concert la semaine dernière parce que quelqu’un a dit « C’était art-punk comme un concert de hardcore et je savais que je devais venir à cause de cette étiquette et je n’ai pas été déçu. » Ça m’est plutôt égal, ça ne me fait rien, ni positif, ni négatif. Nous sommes pas un groupe à la portée de tout le monde et on le comprend, donc si une étiquette attire des gens aux concerts. Mais je pense pouvoir dire que c’est plus artistique, de la musique hardcore un peu plus arty. On fait de notre mieux pour être intéressant et faire de la musique aussi unique que possible. Ambitieuse et abrasive, un peu comme une épée à double tranchant. Ici, c’est très dur de nous faire jouer avec des groupes similaires. Quand on était à Linz, le promoteur nous a dit qu’il n’avait personne avec qui nous associer et on a joué avec un groupe qui ressemblait à Guns and Roses…alors il y a du bon et du mauvais avec cette étiquette…mais c’est aussi seulement la deuxième fois qu’on vient ici alors qu’on a déjà tourné aux Etats-Unis une dizaine de fois. Plus on tourne, plus ça nous permet de créer un réseau avec qui traîner et jouer, et c’est pour ça qu’on est tout le temps en tournée.

Elissa : Et est-ce que tourner en Europe est différent de tourner aux Etats-Unis ?

David : Mais complètement ! Les gens ici sont beaucoup plus gentils et font preuve d’une incroyable hospitalité !

Elissa : Vraiment ?

David : Oui, aux Etats-Unis, t’as le droit à une bière, peut-être deux et c’est tout. Personne ne te donne à manger. Tu te pointes dans les salles et tu t’annonces « Salut, on est le groupe » et en guise de réponse t’as le droit à « ok, super, tant mieux pour vous ». Alors qu’ici, on nous aide à décharger, à trouver une place pour se garer et on nous donne un endroit où dormir. Si on se retrouve dans une ville dans laquelle on n’a jamais joué, pendant le concert je lance un « Qui veut bien aider 3 personnes en les hébergeant ce soir ? », « Vous pouvez dormir chez moi ! », « C’est cool ! Merci parfait inconnu ! On dormira chez toi ce soir ! » Donc oui, c’est très différent.
En Europe, le public est plus…il est plus…enfin tout dépend d’où on joue… mais il y a eu pas mal d’audiences passives, ce qui n’est pas grave en soi. Il n’y a pas vraiment de mosh pit ou autre et ça me rend un peu mal à l’aise. Mais je veux que tout le monde passe un bon moment et nous ne sommes pas d’accord avec l’idée du moshpit s’il empêche certaines personnes qui n’aiment pas ça de s’amuser ou d’être devant. Mais tellement de gens se contentent de rester là les bras croisés en hochant la tête. On a joué à Paris je crois. C’était un bon concert avec une centaine de personnes et chacune d’entre elle était juste debout à hocher la tête et je pensais juste « hey, vous pourriez être un peu plus vivants, je sais que vous passez un bon moment…» et voilà…mais ici vous savez, les trajets sont plus courts, on n’a pas à prendre l’avion, et on ne ramène même pas notre propre matos à part nos guitares. On loue le van et le reste. C’est donc aussi plus cher d’être ici mais tellement plus accueillant alors que c’est seulement la deuxième fois qu’on vient. Aux Etats-Unis, tout est accueillant pour nous maintenant mais c’est parce qu’on a tourné là-bas une dizaine de fois…

Elissa/Vanessa : Ok

Vanessa : Et c’est maintenant l’heure de la question bonus !

David : Oh oh…

Elissa : Oui ! C’est une question qu’on pose à chaque groupe en interview. Qu’elle est ta « shame song » ?

David : Ma « shame song » ? Genre le morceau qu’on joue et que j’ai honte de jouer ? Ou que je ne veux pas jouer ?

Elissa : La chanson que tu aimes et écoutes mais as honte d’aimer…

David : Ah…mon plaisir coupable !

Vanessa : Oui ! Celui là !

David : Hmmm…c’est vraiment drôle parce que Rory et moi parlons de ça énormément parce qu’on n’est pas…parce que nous sommes en premier lieu des nerds, avant même d’être des musiciens. On est en quelque sorte des blaireaux et nous ne sommes pas cool…alors…c’est vraiment une chouette question ! Merci ! J’aurais pu faire toute l’interview là-dessus !

Rires

Vanessa : Mais on peut continuer ! Vas y, lance toi !

David : Il y a quelques jours de ça, Rory et moi discutions de pourquoi en plus d‘être mon bassiste, il est aussi mon meilleur ami. Ça va faire 3 ans qu’on cohabite et même quand on rentre de tournée, on continue à traîner ensemble deux jours plus tard. Et Rory me disait donc « Tu sais que l’année prochaine ça fera 10 ans que cet album hit de Katy Perry est sorti » et je lui réponds « Ouais, Teenage Dreams » et là il me fait « Oui, 10 ans…on peut enfin lancer notre cover band de Katy Perry » et « Mais ouais, faisons le ! ». Nous allons donc faire un cover band de Katy Perry. Avant ça, on fait partie d’un cover band de Tegan et Sara, alors non, je n’ai pas vraiment, je n’écoute pas vraiment de…hmmm…par exemple sur cette tournée, on a écouté l’entière discographie de Taylor Swift (coucou Fabien W. Furter, t’es pas tout seul ! ). Il y a aussi cette chanteuse, Kacey Musgraves, qui a gagné plusieurs awards cette année et qui fait de la country pop plutôt douce. On écoutait ça tous les matins dans le van. Si je devais donc choisir ma chanson-plaisir coupable de tous les temps, ma « shame song », ce serait…je ne sais pas…Il faut juste accepter ce qui est bien…quoique…j’ai peut-être des trucs merdiques sur mon téléphone…hmmm…voyons voir…quand j’étais plus jeune j’avais honte de certains trucs, comme Phil Collins mais plus maintenant, parce que de toute façon, Phil Collins est génial !

Elissa : Tu le penses vraiment ?

David : Bien sûr ! Il n’y a aucune honte à écouter Genesis ! J’ai aussi beaucoup de Bruce Springsteen là-dessus mais Bruce Springsteen est génial ! Oh ! Carly Rae Jepsen, en voilà une !

Elissa : Qui ?

Vanessa : Ah oui, c’était cette fille… « Call me » ou quelque chose comme ça…

David : « Call me maybe »

Elissa : Oh non !

David : Son album après ça est vraiment, vraiment bien. « Emotion » est un album fantastique. Je l’écoutais tout le temps. Oh ! Et Mariah Carey, j’adore Mariah Carey ! Particulièrement

« We belong together » ! Voilà ! C’est ma réponse !

Elissa : Ce qu’il y a de drôle c’est qu’on met les liens de chaque « shame song » dans l’interview !

Rires

David : D’accord, d’accord ! « We belong together » parce que cette chanson est géniale et la vidéo est tout aussi bien

Elissa : Est-ce que tu peux nous la chanter ?

David (en riant) : Oui…hmmm…non…hmmm…

Elissa : Juste pour nous, l’interview est retranscrite et personne ne le verra !

David : Rory (qui vient de nous rejoindre), elles veulent connaître nos chansons-plaisir coupable, mais je leur ai dit que nous n’en avions aucune. Par contre, je leur ai parlé de notre nouveau cover band de Katy Perry.

Rory : On a aussi écouté Kacey Musgraves dans le van

David : Oui ! Je l’ai dit aussi !

Rory : Carly Rae Jepsen

David : Je l’ai dit également ! Et « We belong together » de Mariah Carey est en quelque sorte ma « shame song ». Et toi…

Elissa : Quelle est la tienne ?

Rory : Pourquoi quoi ce soit serait coupable ?

David (en riant) : Absolument !

Vanessa : Oui ! C’est exactement ce que tu as dit !

David : Vous voyez, c’est pour ça qu’on est meilleurs amis depuis 10 ans !

Rory : Mais il n’y a rien qui soit…Oh… « Word up » de Cameo…

David : Oh oui, « Word up » de Cameo, ça c’est un bon exemple !

Rory : C’est vraiment nul…

David : Comme un mauvais morceau de Prince…

(Nous assistons à une petite rendition de « Word up » et « We belong together » et c’est confirmé, ce dernier nous est bel et bien inconnu)

Elissa : C’était génial ! Merci !

Vanessa : Et donc à part les « shame songs », y a-t-il d’autres choses que tu as écoutées et peux nous recommander ?

David : En ce moment j’essaie de trouver et découvrir des groupes qui nous ressemblent mais ici en Europe et au Royaume-Uni. Et il y a ce groupe Part Chimp et cet autre, Gnod…

Elissa : Gnod ! Je les adore ! Particulièrement le dernier album « Chapel Perilous »

David : J’ai commencé à écouter et c’est vraiment bien

Elissa : Mais oui ! J’ai même écrit une chronique tellement j’ai trouvé ça bien ! Et il y a de très longs morceaux !

David : C’est ça, de très longues chansons mais qui sont bonnes et qui ressemblent à du krautrock. J’aime vraiment cet album et j’essaie juste de…

Elissa : Chaque album de ce groupe est différent et c’est génial !

David : Oui et maintenant, on a tous ces nouveaux morceaux qui ont été écrits presque immédiatement après l’enregistrement de l’album et je les aime bien. Mais d’une certaine façon, ils me font penser à une sorte de « Complexion – 2ème partie » et j’essaie d’écouter de nouveaux trucs qui vont m’inspirer et m’aider à les améliorer d’une certaine façon…on va revenir à ces nouvelles chansons qui sont toutes écrites et j’ai toutes ces idées qui sont venues lors de la tournée. Tourner est vraiment dur parce qu’il n’y a rien de vraiment créatif. On est cantonné à la partie performance et moi une des choses que je préfère c’est écrire des chansons et créer de la musique. Quand on rentre de tournée, ça me démange, comme si je n’avais pas fumé depuis quelques temps et que l’envie se fait pressante et je veux commencer à travailler sur ces morceaux. Donc, oui…j’essaie de trouver de nouveaux groupes qui vont m’inspirer à faire de nouveaux trucs. Et tout çà pour le moment est plutôt facile, plutôt marrant et plutôt cool !

Elissa/Vanessa : Et bien merci beaucoup ! Ce fut un réel plaisir !

Et pour écouter Tunic, c’est là que ça se passe…

English Version

On March 9th (yes, March, you’ve read it right), we respectively left Saint-Mihiel (France) and Cologne (Germany) to catch Tunic on their last European show in Namur (Belgium). The chips were gross but Tunic were up to our expectations!

David: So you’re saying that your English is not good?

Vanessa: You can see that she’s lying…

David: Yes I know exactly! Every person who’s experienced that « It’s not really good… » Well, you can say, I can’t say that!

Elissa: She used to live in London and in New Zealand, so…and we, French people, aren’t really good in foreign languages

Vanessa: Yeah but that was a long long time ago…so yeah, I did some research when I was at work on Thursday. My notes are still very messy but we can work from that…

David: Sure!

Vanessa: So we gonna start by where you come from, Winnipeg! In Noisey in 2014, Ryley Devine and Andre Cornejo from Dead Ranch, who you might know, respectively said « Winnipeg is a fucked up place » and « Winnipeg is definitely a place where you can always try for more ». What would you say about Winnipeg? Do you agree with all of that?

David: Try for more?

Vanessa: Try for more, yeah. Maybe cause you wanna get out of it…

David: Yeah, yeah…first of all, we share a rehearsal space with that band, so I do know them. Winnipeg is like an island in the middle of the Canadian prairie. So the next closest place to play is 8 hours away.

Vanessa: 8 hours, seriously?

David: 8 hours south, 8 hours west. About 24 hours east if you wanna go to Toronto. So because Winnipeg is like the biggest city in about a day worth of driving, you always have to, well it’s actually closer, you should always try to do more to get out if you really want to go and play music or do anything because our city is small, about 700 000 and everybody knows everybody very well in the music community. So if you want to…you always have to compare yourself to bigger cities and try more and you sort of always have to create your own culture and your own scene within the community. And therefore it pushes you to do more cause no one gonna do it for you.

Elissa/Vanessa: Ok

Vanessa: And so like, if it’s so far from everything, is it still kind of very alive as well? Is there like a Winnipeg scene? I’ve read that there used to be one like in the 90s or something. So is it still the case these days?

David: Yeah, there is still a pretty strong community but it’s not as thriving as it used to be. Especially for what we do. We are more of…we’re too weird for the hardcore community and we’re too loud and punk for the indie-rock communities…

Vanessa: From which you come from if I’m correct?

David: Yeah! Rory, the bass player, and I. And so, it sort of, there’s not really a scene for what we do and so we found more success in places like Minneapolis or Chicago, Los-Angeles and Seattle and things like that. So, you just have to make your own culture, you have to make your own fun

Vanessa: Ok, so…the way you started, like you said you were a bass player and played bass in a lot of bands before and then you decided with your old drummer to start a band. You showed him your songs and he told you « yes, but this is the way I play » which you’ve described as « a brick in a dryer » (D. laughs), so you had to adapt the songs. So how that worked out for you? Cause maybe you had a precise idea in your head and everything turned out differently. Was it ok for you or?

David: No, it was hum, Samuel…Samuel bless his heart, great guy, great drummer. Yeah, Sam came from like the hardcore world and we were like casual friends and…I forgot I had said that in an interview a long time ago, that’s true!

Vanessa: Told you I had done my research!

David: You did! Cousins, hair stylist, yeah! And so I didn’t really have an idea. I had a little bit of an idea, but it was also my first time ever like playing guitar and writing songs. So, with my lack of knowledge and Sam’s abundance of knowledge, we sort of got through that sort of world and we sort of married my lack of knowledge to the ton of his knowledge and we were able to make something that I did not expect to make whatsoever. I did not expect it to be this strange-loud- me-screaming band ever. It just sort of snowballed itself and rolled into that and…yeah it was really weird…it was not my expectations at all. And also, we were not even supposed to go on tour or like…

Vanessa: And you do tour a lot. I’ve seen the tour dates in Europe and even after that when you’re going back to Canada, in the US, a full month or something like that?

David: Yes, we’re back home for 12 hours. We get back Monday at 8pm and Tuesday 9am we’re in the car to go play for a week, then we come home and play for another month. But no, this was not how it was supposed to be, so it’s really become its own life!

Vanessa: That’s nice! And if we can ask, how come you’ve had to change drummer? Don’t know, it might be a too personal question…

David: No, no, no…Sam doesn’t like to tour. He likes to stay at home and he makes a lot of noise music. He really can’t stand to be sitting in car for so long everyday and he just wasn’t built for it. That wasn’t him, so…

Elissa: It must be exhausting?

David: Yes, it’s a lot and so he really didn’t like it and every time we went, he would say it and I was like « hey, I kind of wanna do this for real and I wanna play a hundred shows a year » and Sam was « I-don’t-want-to-do-that-at-all. » That’s alright, ok…so it was time to…and it was very…like  Sam recorded the album and that’s the last thing he ever did. It was day 2 in the studio and Sam played the last notes of the drums and he stood up and was like (D. claps his hands) « Alright, it’s been a great 6 years » and we were like « Bye Sam! »

Elissa/Vanessa: Ok…

Vanessa: So we’ve been talking about, so wait, I need to put some order in my notes…you’ve been linked to bands like Melt Banana, Ken Mode, CRASS, Jesus Lizard, Shellac, METZ and even Girl Band. What do you think about all these others bands? Do you like them? Or do you think it’s too much pressure maybe?

David: No, it’s always really funny when I get to read things like that because I didn’t come from that world originally. So, now when lots of people say « you sound like this band », then I go and listen to that band and go « yeah…we kind of do! »

Vanessa: It must be pretty cool though?

David: Yeah it is cool, right. Like METZ was the original band and I was « yeah this is a cool band that makes this » and that was like the framework or the skeleton. Like they were that blueprint for the band and after the first series, we kind of moved away from it and got more weird. And that’s why the Melt Banana comes into it, more noise and less songs.

Vanessa: Yeah thats true, we saw them like a couple of years ago…

David: Oh wow, I’d love to see that band

Vanessa: We saw them in Metz actually

Laughs

David: That’s another thing, when I first heard all those bands, I thought « This is fucking terrible » and then like 5 years later, I was « Crap! I really like them now! »

Laughs

Elissa: So we were also wondering about the name of the band, Tunic. Is it related to…well first I’ve discovered you on my Facebook timeline. There was a guy in Lyon (Benjamin Mialot), in France, who saw you play maybe last year or something. And I saw this name and I really like the Sonic Youth song « Tunic » and is it related to this song?

David: Yes, exactly that’s what we’re named after, « Song for Karen ». Cause when we started, that was my frame of reference, originally. Like I wanna sound like Sonic Youth, kind of noisy, weird, still has roots in songwriting. So yeah Sonic Youth! that’s what our band’s named after! But now we really don’t sound anything like Sonic Youth. Well, maybe a little bit or something…

Elissa: A little bit…but it’s not related to the theme of the song?

David: No, only the name. I was looking through the back of all my records at my house and trying to find inspiration and Tunic is a nice one word, it looks good, it’s small, it’s mostly that.

Elissa: Ok

Vanessa: So, the album was recorded in like 6 days, it’s 22 min for 11 songs…do you see yourself…like it’s been recorded so fast, do you think you could pull out a new album every year? Do you think that would be possible?

David: Yeah, I want to…the hardest thing that’s preventing us from making our next record which is mostly written, is all the touring! The last record took a really long time to write. We’ve been in the band for a long time, like 6 years and the first four years was really figuring out what we wanted to sound like and then we booked the recording time to record that album and then we started writing the album. So it was like putting a deadline on ourselves.

Vanessa: Yeah its actually a good way to work. You know you need to produce something at a due date, I guess

David: It’s a way to light a fire under my ass

Vanessa: Work under under pressure and stuff

David: Therefore that’s why the album sounds like it was written in one chunk of time. We have nine new songs right now and it’s probably only about 15 minutes long but (laughs)

Vanessa: Well theres that thing that I’ve read as well « When you finish listening to a Tunic song, you’ll feel like you’re out breath » (Stereogum, 24.04.18) and I thing that the best songs should be only 2 minutes long at the most, cause it would be like great fucking and then it just stops, « what? » and you just want it to start again!

Laughs

Vanessa: When Im being told that a song lasts 8 minutes, I always think « Oh no, I don’t wanna listen to it, 8 minutes is just so long… »

David: You should tell this to my old partner!

Laughs

David: We really much thrive in the less is more, « let’s get our point across ». It’s challenging to listen to. So even on this tour, we’re playing for like half an hour and I don’t think that any

audience wants to listen to us for more than half an hour ! I don’t wanna do this…

Elissa: Yes, with the screaming and everything

David: Yeah, yeah! And so, when we first went on tour we played 14 minutes. We spent 9 hours in the car and then played 14 minutes. We would soundcheck for like an hour and then play for 14 minutes. So now we’re playing longer sets, but yeah the whole point is to be quick. Quick, fast and dirty…

Vanessa: Thats nice, I like that!

Elissa laughs

David: Quick, fast and dirty and get your point across and don’t leave anything. I don’t want people like wanting more. Just sort of give it, get it done.

Elissa: Thats nice!

Vanessa (sorting out her notes): so like I said, I read a lot about you on Thursday and what came out quite often to describe you was « arty noise punk ». What do you think of that « arty » thing, cause for me, « arty », and for a lot of people as well, is often quite pejorative and badly connoted. You didn’t pick it, I guess ? Do you feel ok with it or what do you make of it ?

David: I’m ok with it…I understand that what we do is unconnectional with every genre that we sort of double with. I just realized that your recorder doesn’t record my hand gestures, so I have to find words! So…when I think of art-punk, I think of…I don’t know, the Yeah Yeah Yeahs and like you think art-rock, you think David Bowie, TV On The Radio or something like that, and so…we actually had that conversation a week ago cause someone at the end of the set said « that was art punk like a hardcore show and I knew I had to come to it because of that label and I was not disappointed. » But I don’t really mind it, I don’t feel strongly about it. I don’t feel positive or negative. We’re a band that is not for everyone and we all understand that and so anything that can allure people to the show…But it is, I think I can safely say that, more artistic, like more arty hardcore music. We just try really hard to be interesting. And be like, try to make the most unique music that we can. Challenging and abrasive, very much like a double edged sword. Here it’s very hard for…when we do tour like this it’s very hard to play with similar bands. You know we were in Linz (Austria) and the promoter was like « we’ve got nothing to pair you with here », and we played with a band that sounded like Guns and Roses…so it’s good and bad…but it’s also only our second time here and we toured the United States 10 times. So you just sort of carve out your communities of who you wanna hang out with and play with the more you tour and that’s why we tour all the time.

Elissa: And is there a difference between touring in America and touring in Europe?

David: Oh absolutely! The people here are way nicer! And the hospitality is unbelievable!

Elissa: Really?

David: Yes, in the US, you get one beer, maybe two beers for free and that’s it. No one feeds you. You can just show up and you’re like « hey we’re the band », « ok, great, good for you ». Whereas in here, people help to put our stuff in, and they try to find us parking and they give us a place to sleep. If we’re in a place where we’ve never been before, on the microphone at the show I’ll be like « Who wants to help 3 people sleep over at their house tonight? » and people are like « oh you can sleep at my house », « that’s cool! », « Thank you complete stranger! We’ll stay at your house! » So there’s a very big difference. The crowds are more…in Europe, they’re more like…depending on where you are…there’s been a lot of standing still, which is fine. There aren’t really any moshpits or anything like that, so that makes me feel uncomfortable, I want everyone to have a good time so if a moshpit allows like you know, some people that aren’t into pushing each other into having not as a fun time at the show or not be able to stand at the front then we’re not really ok with this but a lot of people stand with their arms crossed and nod their head. I think we played in Paris, it was a good show, it was like a hundred people there and everyone single person was just standing and nodding and I was like « hey you could be living…you…I know you’re having a good time… » and so…but you know, here the drives are shorter, we don’t have to take a plane, but also we don’t bring our own equipment. We bring our own guitars but we rent the van and stuff. So it’s also more expensive to be here, but it’s much more welcoming even though that’s our second time here. Whereas going to the States now is far more welcoming for us but that’s because we’ve done it 10 to 12 times…

Elissa/Vanessa: Ok…

Vanessa: So, now it’s time for the special question…

David: Oh oh…

Elissa: Yes! So it’s a question we ask every band that we interview. What is your shame song?

David: My shame song? Like the song that we play that I’m embarrassed to play or that I don’t want to play?

Elissa: The song that you like and listen to but are ashamed to like

David: Oh, like a guilty pleasure!

Vanessa: Yes, that’s the one

David: Hmmm…oh this is really funny because Rory and I talk about this a lot because we do not…because we are nerds…we are nerds first, before we are musicians, and we are dorks, we are not cool…so…this is a fun question! Thank you! I could have done the whole interview about this!

Laughs

Vanessa: Well we can keep going! Just go for it!

David: Because a few days ago, Rory and I were discussing why is my bass player also my best friend. We’ve lived together for 3 years and even when we come home from tour, we still hang out with each other like two days later. But Rory’s like « so it’s 10 years since that big Katy Perry album came out next year » and I was like « Yeah! Teenage Dreams » and he’s like, « Yes, 10 years so we can finally make our Katy Perry cover band » and I was like « Hell yeah! Let’s make our Katy Perry cover band » so like we gonna make a Katy Perry cover band. Rory and I just played in that Tegan and Sara cover band so I don’t really have, listen to hmmm…like we listened to the entire Taylor Swift’s discography on this tour (See Fabien W. Furter, you’re not alone! ). There’s that new woman Kacey Musgraves who just won, that’s pop recording that is very smooth country pop music. We listened to that every morning in the van. So I guess my all time guiltiest pleasure song, shame song would be…I don’t know…like you just accept what’s good. I have some…I probably have some cheesy shit on my phone…hmmm let’s see…cause before I used to be embarrassed about like…Phil Collins and things like that but that’s not true anymore cause Phil Collins rules!

Elissa: Really? Do you think so?

David: Yeah there’s no shame in listening to Genesis! Like I got a bunch of Bruce Springsteen on here but Bruce Springsteen rules…Oh! Carly Rae Jepsen! That’s one!

Elissa: Who?

Vanessa: Oh yeah, that was that girl… « Call me » or whatever?

David: « Call me maybe »

Elissa: Oh no!

David: Her record after that is really, really good. « Emotion » is incredible. I used to listen to it all the time. The other thing, Mariah Carey, I love Mariah Carey, especially « We belong together », that’s my answer!

Elissa: What is funny is that we put the link of every shame song in the interview!

Laughs

David: Alright, ok! « We belong together », cause that song is awesome! And the video’s good…

Elissa: Can you sing it?

David (laughing): Yeah, hmmm, no, hmmm…

Elissa: Just for us, cause the interview will be transcribed and we can’t put it on!

David: Rory (who just got in), they’re asking for our guilty pleasure songs, but I told them we don’t really do that. And I told them about our new Katy Perry cover band.

Rory: We also listened to Kacey Musgraves in the van

David: Yeah, I said that too!

Rory: Carly Rae Jepsen

David: I said that too ! And I said « We belong together » by Mariah Carey is my like shame song. Do you have like…

Elissa: What’s yours?

Rory: Why would anything be guilty?

David (lauging): Exactly!

Vanessa: Thats exactly what you said!

David: See, that’s why we’ve been best friends for 10 years!

Rory: But there is nothing like…Oh… « Word up » by Cameo

David: Oh yeah, « Word Up » by Cameo, that’s like a bad one!

Rory: It’s super cheesy

David: It’s like a bad Prince song

(We’re entitled to a small rendition of « Word up » and « We belong together » and the latter still doesn’t ring a bell to us)

Elissa: Thats great! Thank you!

Vanessa: So apart from the shame songs, is there anything else that you’ve been listening to and could recommend?

David: I’ve been trying to find more similar bands to us but over here in Europe or in the UK. And there’s a band called Part Chimp and another one called Gnod…

Elissa: Gnod! I’m a great fan ! Especially the last album, « Chapel Perilous »

David: I started listening to it, it’s really good

Elissa: Yes, I even wrote a review for it cause I thought it was so good! And with very long songs!

David: Yes, very long songs but still good cause they’re like krautrock. I really like that record and I’m just trying to…

Elissa: Every album from this band is different and this is great!

David: And I, since we have all these new songs and they were written pretty much right after we made the album, I like them but they kind of feel like « Complexion part 2″ and I’m trying to find new orders to listen to, to sort of inspire, to sort of make them…we gonna go back to the new songs, they’re all done and I’m like, I have all these ideas from being on tour. Being on tour is really hard because you’re not actually doing that creative part. You’re just doing the playing and performing part and one of my favorite part is actually making the music and writing the songs. So coming home when being on tour is like I’m itching, like I haven’t had a cigarette in a while and I really want to start working on the songs. So I’m trying to find new bands to listen to, that will inspire me to do new stuff. So yeah, it’s pretty easy, pretty good and pretty fun! »

Elissa/Vanessa: Well, thank you very much! That was a pleasure!

 

And this where you can listen to Tunic