Trusty Black Sheep :: My Crowded Heart

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Trusty Black Sheep est un musicien raffiné, passionné, inspiré avec un son incroyable. Son EP est un diamant brut taillé de sons, de mélodies et de cette voix à vous donner le frisson car elle est vraie, touchante et sans fard. Une balade embrumée et féroce où l’on croise des montagnes de guitares, tantôt tristes et mélancoliques, tantôt méchamment salies et chauffées au fer rouge. L’ombre et la lumière en 5 titres.

Ces titres vous transpercent littéralement à chaque fois, en un éclair et pour toujours. C’est pourquoi il faut écouter cet album et insister, encore et encore pour en prendre la juste mesure.

Si vous êtes sensibles au blues, SparkleHorse, Sonic Youth, le shoegaze, Neil Young, Dinosaur Jr, The Cure… ce disque est pour vous. Si vous n’y êtes pas sensible, alors ce disque est pour vous également.

En voici un éclairage totalement subjectif dans le détail…

The Moon Of Fastdrillers (Slight Return) : un réveil cotonneux dans un train lancé à grande vitesse sous une tempête de neige. Un titre dépouillé qui aurait pu trouver sa place au milieu d’albums comme Faith ou Disintegration de The Cure. Un lent panoramique sur une étendue trouble et glacée. Un instrumental magistral…

My Crowded Heart : une course douloureuse et épuisante sur un chemin accidenté rempli de gros cailloux. Alternance entre accords ouverts limpides et assauts de projections brûlantes d’un Etna en fusion. My headache clearly starts…Un texte noir comme du charbon porté par une voix sans concessions…

I Missed The Ideal Receptor : une marche vers la colère, une montée douloureuse pour voir ce qu’il y a au sommet du chemin. Et au sommet… il y a la possibilité entre l’envol ou la chute…And i wanna be so crazy, i’ll never feel so free est chanté, crié, exulté comme pour exorciser une détresse. Et les guitares qui se livrent à un combat d’une violence inouïe et d’une sombre beauté…

Big Mufty : la colère pas encore dissipée, bien au contraire. Titre tendu comme une discussion animée entre un vieux rocker et un grunge déguisé en punk. You’re going nowhere, all the way…Le vol plané a commencé…Titre en apesanteur qui pourrait s’apparenter à la rencontre entre The Stooges, Thin Lizzy et Thurston Moore…

Everybody Left : la stratosphère est atteinte, ou est-ce le coma post traumatisme ? C’est là où réside la beauté de ce titre : il vous invite littéralement à y répondre et vous plonge dans ce labyrinthe d’harmoniques claires comme l’eau de roche…

Cet album est un voyage, une claque et une larme qui coule le long de la joue, de bonheur…

A écouter sur bandcamp en boucle. A acheter parce que c’est bien aussi de contribuer au travail des artistes !!!

Christophe

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