Toxic Kiss :: Fear

Il a fallu cinq ans, autant dire une éternité si l’on considère l’état du milieu de la musique d’aujourd’hui, pour que Toxic Kiss donne une suite à Happy Alpha Air. Mais ces cinq années n’ont pas été silencieuses pour autant. En 2015, le groupe nancéien a composé le single Fracasse pour le spectacle du même nom écrit par Nicolas Turon. Mais aussi et surtout, Manuel Etienne s’est offert une échappée belle en solitaire avec deux albums salués par la critique (Vaudémont 2014, et Ni Pluies Ni Rien en 2016). À cela s’est ajouté un nouveau changement de line up qui a vu Toxic Kiss passer de quintet à quatuor. Tout cela bouscule un peu l’identité du groupe et Fear marque une nouvelle étape pour les ex Strasbourgeois.
Toxic Kiss démontre avec cette nouvelle cuvée sa capacité à démultiplier sa créativité. Notamment grâce à une maitrise de la mélodie pop et une énergie punk jamais aussi bien maîtrisées que sur cet album. Toxic Kiss grandit et mûrit encore après presque quinze ans de carrière. Les morceaux ‘Fear’ et ‘Sparks’ en sont les superbes fruits défendus par les lorrains. ‘Ocean Tears’, morceau sur lequel la complicité vocale entre Laetitia et Manuel fait toujours autant d’étincelles, aurait très bien pu être un obus envoyé par les B52’s. Mais l’excellence, Toxic Kiss l’embrasse à pleine lèvre sur le morceau ‘My Girl’. Un titre qui, à coup sûr, mettra en transe le public lorsqu’il sera joué sur scène et nous offre par la même occasion une preuve tangible que le groupe vient de franchir un nouveau cap dans sa carrière. Un cap que franchissent aussi les textes de Manuel Etienne. Même si on préfère lorsqu’il chante en français dans son projet solo, l’effort porté à la traduction des textes de Fear met en lumière une merveilleuse poésie doublée d’une vision aiguë et réaliste de la vie.
Une certitude est de mise avec Fear : Manuel Etienne et sa bande n’ont pas eu peur de se mettre une nouvelle fois en danger pour composer un album parfait de bout en bout. Ces cinq années de quasi silence ont tout simplement permis à Toxic Kiss de s’élever à une position à laquelle peu de groupes peuvent prétendre aujourd’hui.

Damien