Tokyo Karankoron :: Go Nin No Entertainers

On connait l’amour du label Specific Recording pour la musique japonaise. Avec un œil sur la musique locale et l’autre sur le japon, le label messin avait créé la surprise en sortant, l’année dernière, l’album de BiS Kaidan (réunion des idols déjantées de BIS et du groupe d’improvisation bruitiste Hijokaidan) aujourd’hui sold out.
Ne s’arrêtant pas en si bon chemin, le label messin tente de renouveler l’exploit en rééditant en vinyle le second album de Tokyo Karankoron sorti initialement en cd en 2013.

Tokyo Karankoron  Go Nin No Entertainers
Créé en 2007, ce n’est qu’en 2009 que la formation japonaise voit son line-up stabilisé avec l’arrivée de Sensei (Claviers), Zenbu (basse) et Kamimu (batterie). Après avoir été la curiosité du Tokyo underground, c’est actuellement l’un des groupes indé les plus en vogue de la capitale japonaise.
Go Nin No Entertainers offre un invraisemblable mélange d’influences musicales allant de la pop acidulée au math rock coloré. Compositeurs de tubes sur-vitaminés (Mach Song) et d’hymnes foutraques (F.L.O), Tokyo Karankoron fait penser à une rencontre entre The Robocop Kraus et Deerhoof.
Dans un même morceau, le club des cinq peut aussi bien mélanger pop progressive et new wave avec une facilité déconcertante et troublante pour celui qui n’est pas habitué. Ce mélange des genres fonctionne et offre une pop unique en son genre. Les refrains s’ancrent dans la tête pour ne plus en ressortir. Écouter Go Nin No Entertainers, c’est laisser entrer le soleil (levant) dans votre maison. On saute comme une puce dans le salon sans que le ridicule ne nous tue. Fasciné devant autant de bonheur et de joie de vivre déployés dans ses sillons de vinyle, on aimerait saquer (attention jeu de mots pourri. Heureux celui qui comprendra) ce groupe de surdoués et lui dire que la vie n’est pas toujours toute rose. Mais c’est impossible. Ce disque porte en lui le flambeau d’une pop décomplexée, naïve et revigorante.
C’est l’effet Tokyo Karankoron.

Damien

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