Tideland « Lull »

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Lorsqu’un communiqué de presse, joint à l’album que l’on vous propose de chroniquer prend, pour exemple des groupes que vous chérissez depuis des lustres, il y a de quoi avoir peur. Dinosaur Jr, My Bloody Valentine, Sonic Youth, Swervedriver…ces noms censés guider l’auditeur et attiser sa curiosité ont de quoi donner le tournis. Car quels groupes actuels, un tant soit peu sous les feux de la rampe, ne se sont pas réclamés d’une filiation avec ces pointures. Pas beaucoup. Souvent, cette technique de rapprochement des références dessert celui qui s’en réclame. Mais parfois, l’opération fonctionne. C’est le cas avec Tideland.

Leurs deux premiers albums ( Asleep in the Graveyard masterisé par Kurt Ballou de Converge et Losts Bets ) avaient déjà donné quelques pistes d’écoutes et nous laissaient envisager de bons auspices quant à l’arrivée de Lull.

Ce troisième albumne trahit en rien les ambitions premières du groupe mais présente plutôt une formation qui a envie d’avancer. Le propos reste toujours frontal et rentre dedans. Mais Tideland s’affirme dans ses textures et en profite pour devenir à la fois moins brouillon et moins abrasif. Le trio de Virginia fait la part belle à un nouveau songwrting, plus mélodique. La course shoegazée de Starblood nous plaque directement contre le mur du son. Carved in Mine pourrait être une sauvagerie sonique composée par Kevin Shields et chantée par Billy Corgan. Quant au morceau Dinosaur, inutile de dire qu’il porte bien son nom.

Certes Lull est bourré de filiations et d’influences plus ou moins visibles. Mais Tideland arrive à les surpasser et faire de son troisième album une réussite inattendue.

Bandcamp