The Unsafe Experiment :: ckbtc

Nommer c’est faire exister. Permettre de naître vraiment. Face à la responsabilité que représente cette fonction de créateur, beaucoup de groupes ont préféré lâcher l’affaire et donner des noms à la con jusqu’à définir ça comme une démarche. A d’autres..

The Unsafe Experiment porte son nom comme Jésus sa croix. Un destin qu’il se choisit lui-même. De l’insécurité mentale vous en aurez à traverser durant ces quatre titres et pour les moins peureux ou les mieux suivis, vous saurez remonter jusqu’au premier EP.

L’entité derrière cette expérience nous donne à voir sa face bipolaire. Peut-on parler de duo ou de duplicité les concernant ? Les phases maniaques succèdent aux phases dépressives, et quand on fait suivre leurs deux essais on soupçonne une schizophrénie en gestation. « Curiosity killed by the cat » n’est pas qu’un paradoxe.

Récit d’une tentative de thérapie :

Les patients sont Stéphane Monbel et Emilie Salata qui sait passer d’hurleuse démente à internée prise dans son écholalie. Ils ont déjà subi quelques soins à la suite d’un groupe commun, Parazik Matik mais les rechutes sont souvent pires.

Aussi « Slide » n’est pas une entrée en matière, c’est une chute dans le gouffre d’une psyché dérangée. Les percussions évoquent un afflux sanguin saturé qui s’accélère en pleine phase maniaque. Souffles, guitares épileptiques, tachycardie, c’est parti pour l’emballement nerveux de « The Experiment ». ‘Entrez dans ma tête‘ nous dit-elle, sauf qu’il n’y a pas de sortie et vous serez propulsé comme une boule de flipper dans les pensées délirantes. Electrochoc violent, on se croirait dans une rave party pour neurones grillés qu’affectionnerait bien Alec Empire (et bien entendu son Atari Teenage Riot tient lieu de baromètre de la maladie mentale).

La phase dépressive du duo bi-polaire s’amorce par « So True ». On y sent le doute, l’errance et les effets du Xanax. Les phrases qui ne sortent pas parce que la bouche est trop molle. Ces médocs vous déglinguent les maxillaires et vous font bloquer sur une idée. On rebondit sur un monde ramolli où on croisera Trent Reznor, mais « The Cure » nous délivre un temps.

Changement de traitement ou guérison véritable ? Le morceau élargit d’un seul coup le spectre sonore, la géographie mentale rejoint le monde qui l’entoure et naît enfin le paysage. En clôture c’est comme une renaissance à soi qui présage peut être de la suite à venir s’ils échappent encore aux hommes en blanc.

Tenir le disque et visionner l’artwork sera un plus pour cerner leur cas.

Barclau


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