The Psychotic Monks :: Private Meanings First

Les prestations scéniques qui ont suivi le premier album de The Psychotic Monks ont confirmé tout le bien que l’on pensait du groupe français. Leur réputation n’a cessé de grandir et a même traversé les frontières hexagonales puisque la chaine américaine KEXP s’est fendue d’une captation live d’anthologie lors du passage du groupe aux dernières Transmusicales de Rennes. Pour bon nombre d’entre nous, l’annonce de l’arrivée d Private Meanings First était synonyme d’excitation, doublée de la sacro-sainte crainte du cap du deuxième album. The Psycho Monks allait-il confirmer Silence Slowly and Madly Shines ou exploser en plein vol ?
Private Meanings First ne fait pas que confirmer mais transcende le goût du quatuor pour un psychédélisme sombre et transgenre. The Psychotic Monks refuse d’être enfermé dans des cases et s’ouvre une nouvelle fois à de nouveaux champs de visions. Il ne s’agit plus ici de se cantonner à  un psychédélisme garage sévèrement burné. Les Parisiens s’octroient dorénavant des divagations post punk voire même cold wave. Il nous arrive plusieurs fois de faire référence à des groupes tels que Girls Againts Boys, Girl Band et Disappears sur des titres comme Coherent Appearance et Minor Division. Mais c’est surtout à l’écrivain William S. Burroughs que l’on pense le plus souvent. Déjà grâce au fait que Private Meanings First soit partagé en chapitres, mais aussi et surtout à l’atmosphère qui s’y dégage. Comme dans Le Festin Nu, l’ambiance de Private Meanings est sombre, interlope, post apocalyptique. On se demande même si le titre (Chapter Two Interzone) Emotional Disease n’est pas un hommage direct à l’auteur Beat. Tout ici n’est que chaos. Private Meanings First est une lente descente aux enfers qui se finit par un épilogue long de quinze minutes tout simplement magistral. Jamais une œuvre musicale n’a autant ressemblé à une œuvre littéraire.

Damien