The Monsters :: M

the_monsters_2016 M review chronique

Et donc voici le nouvel album des Monsters. Petite rappel des forces en présences pour ceux qui ne sont pas rompus au garage punk helvète des 30 dernières années. Car oui, ça fait bien 30 ans que ce groupe carrément culte écume les ondes et les scènes alternatives mondiales. Drivé par le parrain de l’underground suisse, le charismatique et inquiétant Révérend Beat-Man (également prêcheur solo d’une église décadente composées de paroissiens dévoués à travers toute l’Europe et boss du label Voodoo Rhythm Records, le top des labels européens du genre), ce groupe qui a commencé à délivrer un psychobilly énervé au milieu des années 80 avant de se tourner, voire d’inventer un garage trash (ou hardcore boogie ou blues punk trash, ça dépend des communiqués de presse) saturé de fuzz a refait surface il y a 2 ans avec l’excellentissime Pop Up Yours, probablement un des meilleurs albums de la nébuleuse garage (terme qui ne veut absolument plus rien dire désormais mais bon…) de ces dernières années.

Après quelques changements de personnels – en trente ans, quoi de plus normal – le groupe s’est stabilisé autour de Beat-Man, du moustachu bassiste Janosh et d’une inédite « clone drum » (2 batteurs installés face à face autour d’une unique grosse caisse, le discret Tibu et le rigolard Swan Lee, sans oublier l’incontournable Pumi, ingé son/homme de main, véritable 5° membre du groupe) pour une déferlante sonore bien loin des standards de productions léchées d’une industrie musicale aseptisée (ouh, qu’elle est longue cette phrase). Ici c’est lourd, saturé, dynamique, rocailleux, abrasif et énergique, ça rempli tout le spectre sonore et ça enfonce le clou avec des riffs entêtants et des textes scandés en boucle (on va pas s’emmerder à décrypter la littérature du Révérend, c’est sale, débile et malsain mais ça sert surtout à hurler fort, très fort).

Toujours vêtus de leurs vieux blazers rouges troués, les Monsters démontent tout ce que l’Europe et le monde compte de salles alternatives du haut de leur 50 balais bien tassés (et encore je suis gentil), en remontrant aux jeunots qui lorgne le trône. Sur scène ça poutre comme dirait l’autre, ça danse, ça rigole, ça se vanne et ça prend un plaisir communicatif et sans poses à la con.

Et l’album me direz-vous ? Vous avez déjà compris qu’on n’allait pas évoquer la subtilité des arrangements ou la finesse des textes (happy people make me sick, you will die, let me spend the night with your wife, too pretty to be loved… vous voyez le genre). Enregistré chez Lo Spider, une autre figure tutélaire du garage français (cocorico) dans les studios Swampland à Toulouse, on les retrouve exactement là où on les avait laissés. Les batteurs tapent, la basse gronde, la fuzz est au max et Beat-Man braille des insanités de sa douce voix passée au papier de verre. Tout le monde est là, c’est en place, l’artwork est bricolé comme il faut, on est content ! Y a même la petite bluette déglinguée à la fin. Les esprits chagrins regretteront une certaine redite de la formule de l’album précédent mais c’est fait pour être joué sur scène et on a hâte de les y retrouver.

Ah oui, ça s’achète en vinyl (avec un cd cadeau pour la bagnole et un poster pour les chiottes) directement sur le site de voodoorhythm.com ou si ton disquaire est compétent, parce que ça se trouvera pas à la FNAC (je sais, j’ai déjà essayé).

Gasoline Bud

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