The Marshals :: Les Courriers Sessions

© Sophie Hervet

© Sophie Hervet

Il fut un temps où les Black Keys ne calibraient pas leurs morceaux pour passer à la radio. Où ils respectaient encore le blues et ceux qui l’ont enfanté. Où le mojo n’avait pas la gueule d’un billet de banque, mais était imprégné par l’odeur interlope d’un juke-joint.  L’authenticité n’est plus là depuis longtemps chez les Lonely Boys. On peut crier haut et fort que c’était mieux avant.
Heureusement, il existe encore des groupes comme The Marshals qui, depuis maintenant quatre albums, reprennent les Saintes Écritures là où The Black Keys les a laissées. C’est-à-dire dans le caniveau du mainstream.
Une nouvelle fois, The Marshals revient avec un album pourvu de simplicité, d’honnêteté et de spontanéité. Les trois Auvergnats possèdent un bien trop grand respect pour le blues et ses dérivés pour en dénaturer le propos originel. Bien au contraire. Ils profitent même de cette nouvelle livraison pour rendre un hommage à leurs ainés en revisitant Folsom Prison Blues de Johnny Cash et Rockin’ Daddy d’Howlin’ Wolf.
The Marshals n’est pas là pour faire des effets de manches. La formation moulinoise ne s’embête pas avec des chichis et des fanfreluches. Ces nouvelles sessions sont brutes. Ça sent la poussière, le mauvais whisky et l’Amérique profonde. Grâce à eux, l’Auvergne n’a jamais autant ressemblé au Mississippi et Freemount Records, le label qui héberge le groupe, au Fat Possum de la grande époque. Le trio (guitare, harmonica, batterie) joue sa musique comme si sa vie en dépendait et nous fait revivre des sensations primaires oubliées depuis longtemps. Nous sommes ici dans le vrai. Alors bien sûr, on connaît tous les gimmicks du genre exploité ici, mais ce n’est pas grave car avec Les Courriers Sessions, on se sent un peu comme à la maison.

Damien