The Drums : Brutalism

Quid des guitares surfpop sur Brutalism, le cinquième album de The Drums ?  Ne les cherchez pas, ce sont désormais les synthés qui mènent la danse.
En 2009, les gamins de Brooklyn  sortent Let’s Go Surfing, petite bombe rebondissante caractérisée par une guitare minimale et une sacré mélodie catchy. Et ils se voyaient déjà rentrer dans le Panthéon underground des  nouveaux groupes New-Yorkais  après The Strokes et autres Clap Your Hands Say Yeah.
Le succès des  trois premiers albums conforte Jonathan Pierce dans son rôle de leader mais  en 2016, le fidèle guitariste Jacob Graham le quitte. 
Depuis donc Abysmal Thoughts sorti en 2016, le chanteur se produit seul et ça s’entend.
Exit donc les envolés de guitares à la Johnny Marr – le groupe a toujours cité The Smiths comme une influence divine – et bienvenue au chant hyper harmonique typé East Coast sur des arrangements foisonnant de synthétiseurs et de guitares fluettes saupoudrées de «Sound Dolby Surrending» comme un Wannadies trop sophistiqué. Pierce en profite pour lâcher ses mots comme un catharsis, ouvrant son journal perso au public.
On retiendra surtout l’excellent  Body Chemistry  au  groove phoenixien ou 626 Bedford Avenue, en haut vol harmonique.
Jonathan Pierce saupoudre sa pop d’électroniques et prend des  risques sur Loner et Pretty Cloud pendant qu’un hommage (in)volontaire au Imagine de John Lennon resplendit I Wanna Go Back, ballade émotionnelle sans retour.
L’insolence a bel et bien disparu pour un mode précieux. La production est dans l’air du temps et rend l’ensemble  conventionnel ce  qui devrait ravir un public plus …conformiste.

Mathieu M