The Dodos :: Individ

The Dodos égrène une discographie exemplaire depuis belle lurette. Alors pourquoi ne bénéficient-ils pas d’une reconnaissance à la hauteur de ce qu’ils nous proposent à chaque album ? Doit-on s’en réjouir et garder ce secret rien que pour nous ?

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Seulement deux ans après Carrier, The Dodos revient avec Individ en affirmant une nouvelle fois son identité à la fois unique et remplie d’humilité. Meric Long et Logan Kroeber continuent sur une dynamique d’écriture qui, comme souvent, approche de la perfection. À chaque fois, on se demande bien jusqu’où le duo va pouvoir nous emmener.
Cette fois-ci, on dévale des torrents d’Americana saturés et on grimpe des montagnes de finesses. Le dénominateur commun à tous ces morceaux qui composent Individ, c’est cette pointe de tension dont on ne sait pas vraiment si elle est nerveuse ou la résultante d’une excitation. The Dodos élabore des montagnes russes comme peu savent le faire. Invidid est plus spontané que Carrier et semble avoir été écrit plus facilement que les précédents albums.
Mais le plus étonnant dans tout ça c’est ce dialogue entre les deux instruments et la constance dans ce son reconnaissable entre tous. On retrouve une nouvelle fois les parties de guitares aux accordages complexes et les rythmes de batteries loin d’être orthodoxes. Pour les concurrencer sur ce terrain, seul un duo créé par les deux membres de Grizzly Bear ( Daniel Rossen et Chris Bear) pourrait rivaliser.
Avec un son unique en son genre, The Dodos réussit à chaque fois à nous emmener là où on ne les attend pas tout en creusant les sillons profondément reconnaissables. Surprendre tout en nous rejouant pratiquement la même recette à chaque fois, voilà le grand secret de The Dodos. La phrase “I cannot predict / All your patterns / You blew us away / And I could not escape” chantée par Meric Long sur le bouquet final Pattern/Shadow résonne comme une prophétie.

Damien

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