The Districts :: You Know I’m Not going Anywhere

Le jour où le chanteur juvénile de The Districts, Rob Grote,  ira demander des comptes au tribunal, il y aura de forte chance pour qu’il gagne son procès suite à l’ absence injustifiée de réussite commerciale. Avec trois albums au compteur et des tubes qui n’ont pas grand chose à envier à ceux d’Arcade Fire ou des Pixies, on se dit que la carrière des jeunes Pennsylvaniens aurait du décoller depuis longtemps. Certes leur pop grandiloquente est  plus rêche que les groupes pré-cités.

Leur nouvel album You Know I’m Not going Anywhere possède tous les artifices pour plaire. Non seulement Rob Grote y a composé des titres imparables mais il les chante comme si sa vie en dépendait. Au mixage, Dave Fridmann, ex Mercury Rev qui a aussi bien bossé avec  Tame Impala qu’ Interpol, leur a ouvert un spectre sonore plus large, en se concentrant sur la guitare électroacoustique pour mieux sceller les envolées lyriques et noisy et en les enrichissant d’instruments aussi divers que des Mellotron, Wurlitzer ou Rhodes.

‘Hey Jo’ et ‘Changing’ en sont les exemples parfaits avec leurs démarrages calmes qui percutent dès l’apparition des refrains tourbillonnants. Un rythme discoïde sur ‘Cheap Regrets’ – une première –  qui s’envole à coup de violons, synthétiseurs et d’un gimmick efficace ou des rythmes tribaux ornés d’une multitude d’arrangements discrets sur ‘Velour And Velcro’, en font déjà des classiques.

Oui, le velours et le velcro, tels la musique de The Districts : douce et rugueuse. Les Américains partagent avec The Wannadies cette facilité déconcertante à emballer des hymnes pop  puissants sur ‘Sidecar’ avec des chansons plus intimistes comme ‘My Only Ghost’ ou ‘4th Of July’  dans lesquelles le talent de Rob Grote se dévoile  dans son plus simple appareil. Les textes dénoncent tour à tour le capitalisme nihiliste, le consumérisme et dressent un cruel constat de l’Amérique d’aujourd’hui.

À même pas 25 ans  et  avec  un projet électro pop – Goat Mumbles –  en embuscade, gageons que le chanteur et compositeur mise beaucoup sur ce quatrième album et espère enfin rentrer dans le top des groupes indépendants US. The Districts en a tous les attributs mais c’est à la plèbe d’en décider.

Mathieu M.