The Districts :: Popular Manipulations

On imaginait leur troisième album amorcer un virage grand public, produit par un producteur de renom. On les imaginait aussi délaisser leurs looks d’étudiants attardés. Le producteur en vu, John Congleton (Alvvays, Clap Yours Hands And Say Yeah, Clinics), a bien mixé quatre titres mais le groupe s’est chargé des autres chansons et autant le dire, les américains n’ont pas enfourné les gants blancs, ni changé de dégaines.

Rob Grote, chanteur et guitariste, pratique l’enflure du style avec conviction, doublant sa voix de manière quasi systématique. Le chant prend alors  le contrôle pour un tourbillon mélodique. Musicalement, on oublie les effets de mode,  les guitares  sont abrasives sans être agressives et la section rythmique  est au diapason. Un son brut et soyeux.

En ouverture de Popular Manipulations, le très Bowissien Aéroplane sert de leurre, la suite étant autrement plus excitant. L’interprétation convaincante de If Before I WakeOrdinary Day et Capable aux arrangements délicats en font des Killer Tracks. Les Pennsylvaniens ralentissent le rythme sans perdre de puissance. Un peu comme Swell, sur Fat Kiddo, aux guitares  écorchées et entêtantes.

Avec Will You Please Be Quiet, ils partagent avec les Broken Social Scene cette faculté à rendre les choeurs indispensables  et maîtrisent les montées rythmiques.

Why Would I Wanna Be bat au rythme cardiaque d’un fumeur de joint, sous l’apparente cool-attitude, le palpitant musical s’affole et  lâche sur Violet.

The Districts ont en commun avec Arcade Fire et The National, cette capacité à composer des hymnes où l’intensité et l’emphase remplacent une grandiloquence sonore tant redoutée. 

Mathieu