The Comateens :: Rééditions de Comateens, Pictures On A String et Deal With It

© Stephanie Chernikowski

Belle initiative du label français Tricatel que de ressortir les trois premiers albums  du trio originaire du Midtown Manhattan. Au début des années 80 The Comateens  connurent un certain succès dans notre pays. Les discothèques branchées diffusaient Get Off My Case, Ghosts ou Don’t Look Back,  des bombes froides irrésistibles teintées de funk hybride et portées par une boîte à rythmes minimalistes.
En 1978, le chanteur-bassiste Nic North et la chanteuse-synthé Lyn Byrd, recrutée pour sa garde robe, répètent avec une guitariste vite remplacée par le frangin Oliver North. Ils fréquentent le Mudd Club, le Hurrah ou le Peppermint Lounge et écoutent Alan Vega, du mutant disco  et des perles sixties. Après un premier 45t en 1979, ils sont repérés et produits par un producteur français Fabrice Nataf, qui les signe sur son label Call Me.
Leur premier album Comateens est enregistré à New York dans un studio 8 pistes (A.D.R) en décembre 1980 et malgré un petit budget (3000$), le disque décolle grâce à quelques reprises revisitées comme The Munster’s theme de la fameuse sitcom fantastique ou le frénétique Summer in the City des Lovin’ Spoonful.
Le trio ne passe pas inaperçu, leur look  austère en costards noirs et les coupes de cheveux italo junk-rocker New Yorkais leur confèrent un statut à part.
Au delà du succès d’estime, The Comateens s’affiche désormais aux cotés des Ramones, James Chance ou Klaus Nomi. Leur 45t Ghosts, illustré par Serge Clerc pour la version française, claque des pieds avec son funk mécanique aux voix pop rythmées. Le single profite d’une bonne distribution via Barclays et passe sur les radios libres pour finir sur les dancefloors.
En 1983, Virgin sort Pictures On A String. Enregistré à Londres au Powerplant Studio par Norman Mighell (repéré avec Joe Jackson ou Bob Marley), ce second LP bénéficie d’une production plus ronde  qui n’enlève rien aux qualités des compostions. Avec Get Off My Case, titre irrésistible et maitrisé au croisement du rap et du groove festif new-yorkais, le trio tient enfin son premier tube. Les synthétiseurs se complexifient tout comme les rythmes programmés, les voix acidulées caressent la pop sans emphase sur The Last Mistake pendant que Cold Eyes touche à la perfection suave et mélancolique, tel des Korgies malheureux.  Les voix d’un Prince asexué et les guitares barbelées enveloppent Pictures On A String et Cinnamon d’une fièvre de cheval no wave.
L’année suivante, le groupe renforce sa rythmique en studio avec le batteur percussionniste Chuck Sabo et fonce à Miami aux studios Criteria Recording avec Peter Solley (Motorhead, The Romantics…) aux manettes. Deal With It  se distingue des deux  précédents albums par une amplitude sonore typique des mid 80’s. Avec des arrangements à profusion et ses tics synthétiques, leur pop new wave talonne The Cars et The B-52’s, sans pour autant parvenir à toucher le grand public. La power pop de Resist Her électrise les chutes d’accords et les voix de Nic et Lyn taquinent le contre-chant avec délectation. La culture white funk électro percute sur Don’t Come Back et Deal With It, deux brûlots ou le touché   de Sabo s’illustre.
Le plus pop de leurs albums ne les empêchera pas de se séparer en 1985, de vivre des moments tragiques, de connaitre le succès de manière inattendue et de travailler avec Etienne Daho. Mais c’est déjà une autre histoire….

Mathieu M