The Chats :: High Risk Behaviour

© Luke Henery

À défaut d’un vaccin, voici un bon remède contre la morosité ambiante liée au confinement et la situation que l’on connait. Si si. Tellement efficace ce remède que vous allez peut-être lever votre cul de devant votre télévision, car il est difficile de résister à se concentrer de punk rock bien trempé. Ils s’appellent The Chats, sont Australiens, ont tout juste la vingtaine et viennent de sortir High Risk Behaviour, leur premier album.

Dès le premier titre je me suis dit, putain, qu’est-ce que c’est bon. À la moitié de l’album, je me disais encore, putain, qu’est-ce que c’est bon. À la fin de l’album, soit après 28 trop courtes minutes, je me disais toujours, putain, qu’est-ce que c’est. J’en suis arrivé à la conclusion que, putain, qu’est-ce qu’il est bon cet album. Puis, je me le suis réécouté une fois, deux fois et plus encore. Je peux donc bien vous confirmer que, putain, qu’est-ce qu’il est bon cet album. Et il est d’ores et déjà approuvé par la haute du rock, que ce soit Dave Grohl, Josh Homme ou Iggy Pop.

Ces trois sales gosses effrontés que sont Eamon Sandwith (basse), Josh Price (guitare) et Matt Bogis (batterie) se sont rencontrés dans leur lycée catho, en cours de musique et ont rapidement décidé de faire cracher les amplis ensemble pour conjurer l’ennui. Après deux EP, ils se lancent dans le grand bain avec High Risk Behaviour et sont à mille lieues de boire la tasse. Véritable exutoire qui fleure bon l’adolescence alcoolisée, la musique de The Chats, clairement punk, va puiser également du côté du rock garage et du fameux pub rock à l’australienne. Des Sex Pistols aux Buzzcocks, avec ce qu’il faut de Cosmic Psychos, les références sont excellentes et jouissent ici d’une deuxième jeunesse. Leur authenticité, leur gouaille façon gosses de la working class qui passent le plus clair de leur temps à piquer des clopes, chercher de la bière à bas prix et s’attirer des emmerdes avec les flics, les a propulsé en un rien de temps de nulle part à Coachella. Les textes en disent long sur leurs origines. Ça parle de picole, de paumés, de pauvreté, d’ennui, de conneries du quotidien, de leur quotidien, de façon brute et efficace. Ils vont même jusqu’à faire un titre – Keep The Grubs Out – sur leur bassiste qui s’est vu refuser l’entrée d’une boîte de nuit à cause de sa coupe mulet. C’est parfois stupide, parfois ambigu, mais on n’est pas là pour écouter du Bob Dylan.

On a envie de chanter à plein poumon, bière à la main, de se foutre sur la gueule avec joie et optimisme, de faire n’importe quoi en toute insouciance, on se régale purement et simplement à l’écoute de High Risk Behaviour. The Chats va vous faire oublier Idles, Shame et espérons-le c’te foutu coronavirus.

Jocelyn H.