Tabatha Crash :: Tabatha Crash

Tout le monde ici aura remarqué le jeu de mots avec Tabatha Cash, l’actrice de films pornographiques que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître.  Ces jeunes-là ne peuvent pas n’ont plus connaître la source de la musique de Tabatha Crash. Le groupe tire en effet ses influences des groupes comme Shellac, Girls Against Boys, ou encore les Français de Davy Jones Locker .. Soit toute cette jeunesse sonique et bruyante qui régnait en maître à la fin des années 90. Une scène intransigeante synonyme de non-compromission et d’attitude franche envers soi-même et envers la musique qu’elle proposait.
Tabatha Crash est un trio créé en 2016 sur les cendres de Sons Of Frida, chouette groupe de l’écurie Zéro Egal Petit Intérieure et auteur en 2013 du bruitiste « Tortuga« .
Tabatha Crash reste fidèle au label de Guillaume Collet et publie un premier EP qui n’a rien à voir avec bons nombres de peines à jouir que l’on peut entendre aujourd’hui. Le trio envoie le jus dès les premières secondes sans jamais s’arrêter. Cet EP sans nom fait côtoyer schizophrénie, bruit blanc dissonant et noisy électrisante. Un savant mélange bien dosé que l’on n’a plus entendu depuis les débuts de Sonic Youth.  Tabatha Crash ne fait pas dans la dentelle. Encore moins dans la soie. C’est tendu comme un string de qui vous savez. Les Parisiens déballent tout et n’ont qu’une seule envie : extraire cette folie qui est en eux. Ça paraît brouillon mais c’est hautement cohérent grâce à une science du riff et à des montées d’adrénaline maitrisées.
Ce premier effort ne serait pas totalement réussi s’il n’y avait pas une certaine cohérence entre le fond et la forme. Et en matière de forme, nous somme servis. La production est saignée jusqu’à l’os comme si Steve Albini était aux manettes. On a  l’impression que le groupe joue dans notre salon tellement c’est brut et sans fioritures. Certains, les plus de 20 ans sûrement, diront qu’ils auraient préféré avoir Tabatha Cash dans le salon. Nous non.

Damien