Swervedriver :: Future Ruins

La plus américaine des formations anglaises, emblématique d’un shoegaze 90’s sans concession, sort son sixième album. Fort d‘un hiatus de près de dix années entre 1998 et 2008,  Swervedriver n’a rien perdu de son panache et compte bien réparer une certaine injustice.

© Steve Gullick

Le groupe d’Oxford n’a pas été verni. Malgré le succès des singles Never Lose That Feeling (1992) ou Duel (1993) et leur signature chez Creation Records, label fer de lance du shoegazing britannique.

Et c’est aux Usa que le destin de Swervedriver semblait se dessiner lorsqu’ils firent la tournée des stades en compagnie de Soundgarden ou Smashing Pumpkins. Avec le secret espoir de signer auprès d’une  major américaine, à savoir Geffen Records.

Rien ne se fera et pire encore, une semaine après la sortie de leur troisième album qui ne jouira d’aucune promotion, ils seront virés de chez Creation. Le groupe ne s’en remettra pas et décide d’arrêter en 1998 malgré un quatrième album  99th Dream sorti chez Zero Hour un label indépendant New-yorkais.

Réunis en 2008, les deux fondateurs Adam Franklin (chant et guitare) et Jimmy Hartridge (guitare) retrouvent leur bassiste Steve George et sortent en 2015 l’album

I  Wasn’t Born To Lose You, savant mélange de guitares rêches sur des enrobages plus  pop, comme un croisement entre Ride et Dinosaur Jr.

Le dernier album, Future Ruins, reprend les choses, là où ils les ont laissées en…1992. C’est toujours la fête aux guitares Fuzz soutenues par une fidèle batterie azimutée de breaks. Les voix harmonieuses viennent contrecarrer la rugosité de l’ensemble avec la même alchimie que l’on trouve chez Wire ou Guided By Voices.

En ouverture, l’impeccable Mary Winter suivi de l’aventureux  The Lonely Crowd Fades In The Air, redorent  les guitares flamboyantes aux gimmicks mélodiques. Les voix souvent doublées sont sous mixées pour respecter une nébulosité incontournable au style. Ils sont aussi capables de s’exposer sur Spiked Flowers à la manière d’une version britpop de Jesus And The Mary Chain et savent jouer d’ambiances plus nuancées sur le bel instrumental Everybody’s Going Somewhere & No-One’s Going Anywhere ou l’apaisé Furure Ruins. Des arrangements plus surprenants font leurs apparitions, tel un piano rhodes ou un métallophone, qui enrichissent ainsi la palette sonore du groupe.

Et si à l’écoute, une impression de déjà entendu persiste, on ne leur en tiendra pas rigueur.  Swervedriver maîtrise si bien le style qu’il serait dommage de s’en passer.

Mathieu M.