Strip Steve « Micro Mega »

Strip Steve Micro Mega
Qui n’a jamais entendu un de ses ainés dire qu’en matière de musique c’est toujours un perpétuel recommencement ? Partant de ce postulat, on pourrait se dire que s’il y a bien un courant dans l’électro que l’on attendait de pied ferme, c’est bien la French Touch. Celui qui aujourd’hui pourrait à sa manière, symboliser ce grand retour, c’est sans aucun doute Théo Pozoga, alias Strip Steve, découvert sur myspace par Boys Noize et auteur d’un premier album inespéré.

La première écoute de Micro Mega est frappante. On migre en plein cœur d’un revival electro 90’s. Epoque où l’acide house française régnait sur les dancefloors grâce au label Crydamoure et était jouée par des groupes comme Le Knight Club, Superdiscount et Alex Gopher. Un scientifique qui essaierait de dater Radiocheck au carbone 14 s’y tromperait, tellement l’impression d’écouter un inédit de Daft Punk de l’époque où ils n’avaient pas encore été démasqués se fait ressentir.

Mais aujourd’hui, devant la surabondance de style de musique mis à disposition et surtout face à la manière dont on consomme la musique, le bordelais, fraîchement débarqué à Berlin a bien compris du haut de sa vingtaine d’années qu’il ne fallait pas s’enfermer dans un seul courant. Il bouscule sa musique vers des sphères pop grâce à sa collaboration avec les sœurs Kaplan de Puro Instinct sur Astral Projection, mais aussi vers la house de Chicago avec l’un de ses héros Robert Owens (One Thing). Profondément moderne en compagnie de  Das Glow (Calcium), Strip Steve s’ouvre aux multiples (boules à) facettes de l’électro et évite ainsi l’écueil de ne séduire que les trentenaires ayant connu la période dorée de l’électro made in France.

Ces treize morceaux sortis tout droit d’un cerveau filtrant la pop, le disco, le funk, la techno et la house, vont vite faire passer Strip Steve du statut de Micro révélation à celui de Méga star de l’électro.

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