Steve Mason « Monkey Minds In The Devil’s Time »

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Dans la religion bouddhiste « L’Esprit du Singe »
est synonyme d’instabilité, d’être agité et 
capricieux mais aussi de personnes fantasques et inconstantes. Cet
« Esprit du Singe » empêche l’être humain de se concentrer sur la
réalité des choses et attire son attention sur des futilités. A 40 ans passé et
une carrière bien remplie (The Beta Band, King Biscuit Time, Black Affair), Steve Mason se pose et tente
d’apprivoiser cet esprit dans un deuxième album solo au titre évocateur Monkey
Minds In The Devil’s Time
.

Organisé
autour de neuf morceaux entrecoupés de onze collages sonores (bruits de rue et
d’émeutes, extraits de reportages…), Monkey Minds In The Devil’s Time s’est fomenté dans un
climat politico-social qui a touché l’ex-Beta Band et influencé les différents thèmes
de ce disque. Passé ce postulat qui sert plus à expliquer le contexte
d’écriture que la musique, on peut d’ores et déjà dire que ce qui se cache derrière
cette pochette (dont on jurerait qu’elle est issue d’une toile de Jérôme Bosch)
ce sont des titres musicalement assez éloignés de Boys Outside, son premier album solo.
Ici, on se retrouve en terrain connu avec une pop lysergique maintes fois
exploitée dans The Beta Band. Celles et ceux qui suivent le bonhomme depuis le
début ne seront pas déçus et retrouveront un songwriter au sommet de son art.
Les autres découvriront cette pop légèrement psychédélique et nonchalante
devenue intemporelle grâce à cette voix reconnaissable entre toute. Ils
s’amouracheront pour les incursions gospel de « Lonely » (tellement beau que Jason
Pierce pourrait une nouvelle fois frôler la mort) mais aussi pour le piano stonien
sur le single « Oh My Lord » ou encore pour cette basse groovant tout au long
de l’album. Les anciens seront encore plus surpris par l’incartade dansant  de « Towers Of Power » ou le style hip hop de « More
Money, More Fire
« , un titre pas si surprenant que ça lorsque l’on se remémore le morceau
The Beta Band Rap placé en ouverture du premier album.

Finalement,
en singeant ce qu’il a fait de mieux avec son groupe originel, et en ouvrant sa
musique à d’autres styles, ce génial « touche à tout » qu’est Steve
Mason arrive encore à nous émouvoir en rythmant sa discographie d’albums aussi
essentiels qu’un gong dans la vie d’un moine bouddhiste.

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