Stephen Malkmus :: Traditional Techniques

Samuel Gehrke – Chris Shonting

En 1963, Bob Dylan sortait l’album qui allait le faire connaître au grand public : The Freewheeling Bob Dylan. Un titre d’album dont le pressage français d’époque était traduit par En roue libre. Stephen Malkmus aurait pu reprendre ce titre à son compte tant il ne respecte aucun plan de carrière et avance dans sa discographie au gré de ses envies sans se soucier des modes. Alors que l’on attendait un nouvel album des Jicks après un intermède solo plus ou moins gorgé d’electronica (Groove Denied), voici que l’Américain revient avec Traditional Techniques, un album à forte consonance folk.
La comparaison avec The Freewheeling Bob Dylan n’est donc pas dénuée de sens. Mais le folk joué dans Traditional Techniques ne ressemble pas à celui de Robert Allen Zimmerman. Il s’inscrit plutôt dans diverses scènes folks plus traditionnelles (d’où le titre). L’ex-Pavement annonce qu’il s’est inspiré du folk médiéval pour écrire ses dix nouveaux morceaux. Fort heureusement, ce style de folk quelque peu effrayant n’est pas vraiment perceptible dans Traditional Techniques. On préférera plutôt parler d’Americana. L’utilisation de la pedal steel, d’accordages en open et de quelques instruments traditionnels nous confortent dans cette idée. La participation de Chris Funk (The Decemberists) et Matt Sweeney (collaborateur de Bonnie Prince Billy) à la composition des morceaux confirme nos suppositions. Qui parle de tradition parle d’héritage. Les tables de la loi folk, jouées aujourd’hui par Stephen Malkmus, ont été écrites par des musiciens comme John Fahey, Leo Kottke et reprisent aujourd’hui par des songwriters comme Daniel Bachman ou encore Ben Chasny (Six Organs Of Admittance). Comme eux, Stephen Malkmus est en totale liberté. Il se permet même d’inclure quelques réminiscences indiennes dont Georges Harrison se délecterait s’il était encore en vie.
A 53 ans, Stephen Malkmus étonne encore quant à sa capacité à se mettre en danger et ne pas se répéter au fil des albums. De nombreux musiciens de sa génération restent dans leur zone de confort tout en capitalisant sur la nostalgie de leur fan base pour continuer à exister. C’est loin d’être le cas pour The Freewheeling Stephen Malkmus.

Damien