Stephen Malkmus & The Jicks ‘Wig Out at Jagbags’

Stephen Malkmus & The Jicks Wig Out at Jagbags

D’abord quelques chiffres. Wig Out at Jagbags est le sixième album solo de Stephen Malkmus. L’ex Pavement  a donc enregistré plus d’albums avec les Jicks qu’avec son groupe originel. C’est aussi le deuxième album enregistré depuis sa retraite berlinoise. Ne cherchez pas dans ce déménagement dans la capitale allemande  une quelconque envie de se renouveler à la manière de David Bowie ou un désir de retrouver une seconde jeunesse au Berghain. Stephen Malkmus a juste suivi sa femme qui était obligée d’y vivre pour des raisons professionnelles. Mais il faut bien dire que l’Allemagne ça le gagne.

Mirror Traffic  signait les retrouvailles avec le songwriting parfait perdu depuis le début de sa carrière solo. Produit par Beck, Mirror Traffic laissait de côté les structures progressives pour gagner en intensité pop et folie pavementienne. Wig Out at Jagbags continue sur la même lancée et ce ne n’est pas la production de Remko Schouten (ingénieur du son attitré de Pavement) qui va nous faire penser le contraire. On retrouve l’éternel adolescent de presque cinquante ans comme un copain que l’on n’aurait pas vu depuis le lycée.

De ce qui est des influences de l’album, on ne s’aventurera pas à contredire l’Américain lorsqu’il annonce que  Wig Out at Jagbags a été inspiré par “Cologne, Germany, Mark Von Schlegell, Rosemarie Trockel, Von Spar and Jan Lankisch, Can and Gas; Stephen-Malkmus-imagined Weezer/Chili Peppers, Sic Alps, UVA in the late 80’s, NYRB, Aroma Charlottenburg, inactivity, Jamming, Indie guys tring to sound Memphis, Flipper, Pete Townshend, Pavement, The Joggers, The NBA and home life in the 2010’s… “ Soit un foutu bordel disparate, mais parfaitement maitrisé comme sur l’immanquable Wowee Zoowee. Stephen Malkmus réécrit des compositions conises à l’immédiateté désarmante très loin de sa reprise intégrale et trop scolaire de l’album de Can Ege Bamyasi.

Stephen Malkmus a retrouvé la fraicheur de ses vingt ans. Et même s’il avoue ne pas trop comprendre ceux qui regardent en arrière et fustige les multiples reformations de groupes sur l’excellent Rumble at the Rainbo, force est de constater que Stephen Malkmus n’a pas sorti un aussi bon album depuis… Terror Twilight.