Stephen Malkmus and The Jicks :: Sparkle Hard

© James Rexroad

Bien loin le temps où Stephen Malkmus barrait le logo de ProTools sur la pochette intérieure de son disque – Face The Truth sorti en 2005 -, ce qui en disait long sur sa défiance face aux logiciels de musique. En 2018, sur son septième et dernier album, il n’hésite pas à utiliser les derniers plugins et l‘Autotune de ladite marque de logiciel pour trafiquer sa voix à la manière des rappeurs et chanteurs R&B.

Depuis le début de sa carrière solo en 2000, à l ‘exception de son premier album composé sur les cendres chaudes de son ancien groupe Pavement, le californien d’origine aime briser les codes. Comment ? En foutant en l’air le potentiel commercial de chaque chanson en y introduisant de bizarres solos de guitares aux déstructurations ravageuses. Avec Sparkle Hard, il a décidé de revenir à des compositions plus abordables, mais tout est relatif avec lui. Quelques fuites émanant de sa maison de disque laissaient présager du meilleur, en d’autres termes on pouvait espérer un retour à des titres plus pop-foutraque, proches de ceux qui ont fait le succès de son ancien groupe, dont les fans composent la majorité de ses auditeurs.

Alors oui, ‘Brethren’,Solid Silk’, ‘Refute’ aux airs Country avec Kim Gordon (ex Sonic Youth) en invitée de luxe et surtout ‘Middle America’, single imposé par Matador, sont d’excellents titres à l’accroche mélodique déconcertante. Son chant coulant, désabusé, trafiqué ou non, confirme que SM reste un immense songwriter, dans son style. Quant aux musiciens qui forment The Jicks et qui l’accompagnent depuis ses débuts, ils sont appliqués mais souffrent d’un manque d’inventivité.

Les compositions alambiquées et complexes, encrées dans les 70’s n’ont pas disparu. Les solos de guitares et l’architecture Prog-Rock dont ‘Bike Lane’, ‘Futur Suite’ et ‘Rattler’ en sont les dignes représentants, s’inscrivent dans la lignée des albums précédents.

Malgré tout Sparkle Hard reste un de ses meilleurs albums solo, sans pour autant être totalement convaincant, si ce n’est peut-être auprès des fans de guitares alambiquées et éventuellement actionnaires de Pro Tools.

Mathieu