Solomon Grey :: S/T

Solomon Grey

Cela fait trois ans que Solomon Grey dévoile au gré de quelques EPs des titres absolument impeccables comme le très synthétique Firechild ou Gen V d’inspiration trip-hop… Fidèle à ses promesses, le duo britannique vient enfin de sortir son premier album éponyme dont on savoure chaque instant, tant il génère d’émotions au fil de ces douze plages d’une douceur infinie.
Car même lorsque les mélodies s’accélèrent (« Electric Baby », « Sweet 84″, « Hidden Planes »), Joe Wilson et Tom Kingston continuent de distiller cette pop rêveuse et poétique (« Epitath », « See You There »), qui prend des allures de bande-son (composer pour le cinéma et la télévision est un autre de leur talent) mêlant envolées classiques et électronique raffinée (l’intro « Right Now », l’interlude « The Rift » et le superbe « Slow Motion Picture »). Si Solomon Grey se réclame ouvertement des fondamentaux trip-hop, entre mélancolie et blessures à vif, c’est avec beaucoup de subtilité que le groupe revisite le genre en lui apportant une certaine innocence, un charme aérien et une sensibilité unique… On hésite entre se noyer et s’envoler, tantôt à sombrer dans les eaux glacées de « Gascarene Sound » ou le cocon duveteux de « Broken Light », tantôt à planer au dessus de quelques territoires féeriques entre la ballade « Last Century Man » et le final enchanteur de « Choir To The Wild ».
Les qualificatifs manquent pour décrire la magie de l’ensemble, la richesse et la délicatesse des agencements : Pari réussi donc pour les membres de Solomon Grey qui, comme deux alchimistes dévoués, ont pris le temps de ciseler un son de toute beauté, avec beaucoup de patience et au prix de pas mal de mésaventures… C’est peut-être pour ces raisons qu’on découvre cet album comme un trésor, qu’on l’accueille comme un petit miracle : On n’écoute pas, on se recueille, et puis l’on s’émerveille…

Carine

Chronique également publiée sur le site Trip-Hop.net