Soleil :: My Name Is Soleil

Y’a du Soleil et des nanas.
Enfin une, surtout.
Si la pose fleure bon le Girls With Guitars Take Over millésimé, il ne faut cependant pas s’y laisser prendre : Soleil n’est pas un groupe d’idols comme seul le Japon sait en fabriquer à la chaîne. Chapeauté par le « mystérieux » producteur Sally Kubota (graphiste influent et bassiste inspiré, déjà présent derrière Les 5-4-3-2-1 ou The Pillowtalk 4), backé par Yasuhiro Nakamori (des Rotten Hats), il est uniquement fronté par la délicieuse Soleil, chanteuse anglo-japonaise donnant ainsi son patronyme à la formation.
Sur ce premier album, douze titres qui fleurent bon le Shibuya-Kei de la deuxième moitié des 90’s (Cibo Matto et Pizzicato 5 en tête) croisé au son des Girls Groups d’antan (beats et guitares furieusement pop), la petite saveur French Yé Yé en sus (on ne choisit pas un tel patronyme par hasard). Sylvie, France, Jacqueline et Françoise (pour ne citer qu’elles) bénéficient d’un statut à part au Pays du Soleil Levant. Elles ont fait danser illégalement les foules des nightclubs de Shinjuku jusqu’au petit matin dans les années 60. Une telle révolution musicale laisse forcément des traces. Le Japon n’en finit plus de recycler les mêmes recettes. Apprises d’abord par cœur, elles servent aujourd’hui à faire la leçon à ses modèles.
Sally Kubota délaisse ainsi le « vernis » garage de ses précédents projets pour se concentrer sur la sève populaire. L’essence même de ce qui fait un bon morceau pop corn. Le songwriting. Les accroches. Le clin d’oeil à The Jam sur ‘Do You Believe In Magic?’ ne passera pas inaperçu. La beauté rocksteady de ‘Pieces Of Candy’ et ‘So Long My Fourteen’ non plus. L’innocence et sa perte (en filigrane) sont au cœur de chansons telles que ‘Love Letter In Blue Ink’, ‘Guitar In Love’ et ‘Summer Wink’. Mon radar kawaii perd les pédales sur ‘Good Bye Teddy Bear’, ‘Apple Princess Go Go!’ et ‘The Fruits Who Dream’. Quant à ce ‘Marine I Love You’ susurré par l’ingénue Soleil, comment ne pas l’interpréter comme l’une des plus belles déclarations d’amour LGBT de cette année (du moins, au Japon) ?
L’été, c’est la saison de toutes les mononucléoses. Y’a du soleil, une nana et le disque s’écoute en mono. Logique, non ?

Florian