Sleepwalkers :: 5772

Même avec un peu de retard, il faut parler de Sleepwalkers.
Ces « parfaits inconnus » éparpillés sur trois continents (New York, Tver en Russie et Osaka) ont sorti en 2017 l’un des albums les plus excitants que le black metal de ces dix dernières années ait connu. Complètement pétée, leur mixture de noirceur métallique, de psychédélisme malsain (les types s’échangent des bandes et des idées tels des acharnés de la chambre à coucher/enregistrer, et ça sent la drogue à plein nez), de noise fatale et d’avant-garde fortuite (ont-ils seulement conscience de créer quelque chose de plus grand qu’eux ?) fascine autant qu’elle repousse, provoque l’intérêt par une science totalement spontanée de l’imbrication sonore d’éléments en forme de cadavre exquis (s’y retrouvent pêle-mêle des expérimentations à la Sutekh Hexen, des breaks atmosphériques et tricotages heavy, des accélérations totalement foudroyantes à la limite du crust cosmique) et ne donne qu’une seule envie : réécouter encore et encore ces six titres jusqu’à en comprendre le sens viscéral.
Sorti à l’origine chez Sentient Ruin en K7, ce six titres dense et épuisant s’est vu offrir l’honneur d’être gravé par la même maison en ce début d’année pour la postérité sur le format-roi dans une édition ultra limitée à 300 copies. C’est d’ailleurs probablement déjà trop tard pour t’en procurer un exemplaire. Mais bon, tu sais désormais que non, ce n’était pas un cauchemar. Ce chef-d’œuvre existe bel et bien.

Florian