Sleaford Mods :: Key Markets

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WHAT THE FUCK ? Les deux musiciens, Wiliamson et Fearn, issus de la scène de Nottingham s’enfilent leur neuvième album cul sec.
Tranquillement sur scène pour Fean, qui se contente de picoler et de surveiller l’ordinateur. Énervé pour Wiliamson au chant, qui à lui tout seul fait le show, déblatérant ses paroles. On imagine, lors de l’enregistrement de leur nouvel album « Key Markets », que les rôles devaient être inversés. Vu le minimalisme employé, chaque détail compte. La boite à rythme et la basse préenregistrées étant les seuls instruments utilisés, les discrets et très rares arrangements – synthé, guitare ou strange beat- prennent une importance imprévue. Le flow de notre Eminem british est au top, rejoignant John Lydon et John Cooper Clarke au Pub des énervés loquaces.
Avec Sleaford Mods tout le monde s’en prend un minimum. Hommes politiques, célébrités et pop stars s’en prenant un maximum. Le Name dropping étant une spécialité de Wiliamson, Puff Daddy et Radiohead payent la tournée.
« Key Markets » débute par des chants de fans, du genre ceux que tu retrouves sur l’album de Sham 69 « Tell us the True ». « No One’s Bothered » enfonçant le clou du Perfecto patché Exploited. Mais sans les grosses guitares.
Pourtant, savent d’où ils viennent les Sleaford Mods, dans sa jeunesse Wiliamson a du taquiner de la Oi avant de chanter du Small Faces dans un tribute band. Quant à Fean, il a écumé les happy hours électro/bastos des clubs du coin.
Parmi les très bons titres efficaces et entrainants, on retiendra « Bronx In The 6 », « Face to Faces » et « Live Tonight ». Une ligne de basse inspirée par Gang of Four suffi à Wiliamson pour se surclasser. La voix claque, le rythme est sec, plus intelligent qu’il n’y parait.
Sur « Cunt Make It Up » et notamment « Tarantula Dadly Cargo » on se surprendrait à siffler la mélodie du chant soutenu par de discrets arrangements à la guitare, la rendant presque pop.
On notera la présence de titres plus faiblards, comme « Silly Me » au groove éventé, « Arabia », « Rupert Trousers » et « In Quiet Streets » qui malgré sa double basse et sa fin emportée, avec hommage discret au « Problems » des Sex Pistols, laissent un arrière goût de déjà entendu voir de houblon frelaté.
Même si à l’écoute, l’effet de surprise n’est plus vraiment là, gageons que les meilleurs titres de « Key Markets » feront toujours leurs effets dans la playlist du Dj, augmentant de fait la consommation de demis au bar et le nombre de Lads sur la piste de danse.

Mathieu

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