Shellac – Dude Incredible

homepage_large.eb4ffb30Shellac – ou Shellac of North America pour les puristes – nous livra en septembre dernier son cinquième opus, Dude Incredible.

On pourrait batailler ferme sur la nécessaire classification de la musique des trois compères de l’Illinois – un post-hardcore minimaliste, um math rock atypique – mais Shellac fait avant tout du Shellac, les ingrédients sont uniques et parfaitement identifiables. Les coups de baguette de Todd Trainer sont sans concession, Albini parle plus qu’il ne chante (de facon souvent sarcastique), envoie des riffs dévastateurs, et la basse de Bob Weston est encore plus charnue que sur les disques précédents.

Enregistré à Chicago au studio de Steve Albini (Electrical Audio), l’aventure de l’album débute il y a quelques années, (certains morceaux ont été écrits et joués en public dés 2011), Albini, Weston et Trainer ne conservant que 9 titres et 33 minutes d’une efficacité redoutable.

Tenez-vous-le pour dit, Dude Incredible n’est pas un album de vétérans ou de musiciens dont l’énergie se serait diluée dans des activités parallèles (Albini et Weston étant producteurs et ingénieurs du son); c’est un disque sans compromis, direct, parfois brutal. L’ état d’esprit n’a pas bougé d’un riff depuis plus de vingt ans.

L’entrée en matière (titre éponyme de l’album) annonce la couleur et l’atmosphere qui va planer sur l’ensemble. Shellac parle de sexe (‘You came in Me’), de violence (‘Riding bikes’, des enfants qui volent et cassent), de communauté, de chaos (‘Surveyor’).

Certains pourraient y voir aussi un côté ludique dans l’architecture de titres comme ‘The People’s Microphone’ ou ‘Compliant’ – ce dernier évoquant les troubles obsessionnels compulsifs – mais ne nous trompons pas, nous sommes ici en présence d’un objet sombre et sans aucune note d’espoir.

Je ne conseille pas, j’exhorte à écouter Dude Incredible.

Hervé

Son