Shadow Motel « Ausfahrt Nach »

Shadow Motel Ausfarht Nach
Le problème des albums sortis en fin d’année, c’est qu’ils sont trop souvent mis de côté afin de pouvoir écouter les albums négligés en cours d’années. Mais s’il y a bien un album à côté duquel  il ne faut surtout pas passer, c’est bien celui de Shadow Motel.

Dernière signature du label à tête chercheuse et au goût très sûr, Cranes Records, Shadow Motel est un trio lillois fondé en 2011. D’abord duo rythmé par une boîte à rythmes mais vite remplacée par un batteur aux belles rouflaquettes, Shadow Motel transfigure les genres et mélange les décennies avec insolence et maturité dans son premier album Ausfahrt Nach.

La première des beautés de cet album est son côté sombre. Ici, les lapins blancs (coucou « White Rabbit » de Jefferson Airplaine) ne se promènent pas avec Alice au pays des Merveilles. On traîne plus souvent sur le parking d’un hôtel miteux américain dans lequel chaque chambre renferme une vie interlope souvent nocturne.

Explosif et hypnotique, l’intrigant Ausfahrt Nach fait prendre la première sortie venue pour entrer dans une sorte de transe. Il y a quelque chose de shamanique dans ces neuf titres.

La voix de Swan nous fait tomber amoureux comme au premier jour où nous avons entendu la voix de Grace Slick. La guitare brouille les pistes et nous rappelle à une jeunesse sonique. La batterie martèle des rythmes tribaux tel un Jaki Liebezeit alors que le clavier Vox fait revivre le fantôme de Ray Manzarek.

« Love or Disaster ». Le groupe hésite mais préfère les expériences velvetiennes voire lynchiennes au Summer of Love. Pour nous, aucune hésitation. Shadow Motel s’impose d’emblée parmi les espoirs 2014.

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