Sebadoh « Defend Yourself »

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Parler de Sebadoh est une chose difficile. Surtout lorsque vous portez le groupe aux nues et qu’il vous a accompagné tout au long de votre
vie. Ont-ils changé ? Ont-ils vieilli en même temps que nous ? L’EP Secret, sorti en digital l’année dernière, nous avait déjà rassuré sur ces quatorze ans d’absence. Sebadoh reste Sebadoh. Ecouter Defend Yourself c’est un peu retrouver sur Copains d’Avant un ami perdu de vue depuis des années. On écoute l’autre parler de sa vie et en même temps on fait le bilan de nos expériences, de nos regrets et de nos envies. La nouvelle collaboration Barlow/Lowenstein est un peu tout ça à la fois. En pleine possession de leurs moyens, ils n’ont jamais été aussi matures dans l’écriture de leurs compositions. Sebadoh reprend, avec le regard d’adultes qui ont traversé quelques mésaventures personnelles, le métier à slacker là où il l’avait laissé en 1999 avec le trop mésestimé The Sebadoh  Ils se partagent toujours les compositions.
Les plus énervées sont toujours pour Jason Lowenstein, les plus sensibles pour Lou Barlow, même si celui-ci tend vers une écriture plus musclée (Oxygen), sans doute à cause de son retour dans Dinosaur Jr. « I Will »
et l’instrumentale « Once » rappellent l’échappée Folk Implosion de Lou Barlow. « Let It Out  » tire une flèche en plein cœur (pochette) et nous donne furieusement envie de nous replonger dans Emoh et Loobiecore. Defend Yr Self, le titre qui donne son nom à l’album, n’aurait pas dépareillé sur l’album Sixes At Seven. Idem pour « Inquirie » et « Final Days« .
Côté production, il est inutile de chercher le côté rêche et mal enregistré des débuts lo-fi (de The Freed man à Bakesale). Sebadoh fait attention au  son depuis Bakesale et  The Sebadoh. Avec Defend Yourself, Sebadoh fait en quelque sorte son bilan de carrière et le fait magistralement. Quitte à se répéter, on ne cessera pas de dire que Sebadoh reste Sebadoh, même avec les années qui défilent.   

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