School Of Language :: 45

© Nick Wesson

David Brewis est connu pour être, avec son frère Peter, la tête pensante de Field Music. Groupe génial, auteur depuis 2005 d’albums pop iconoclastes. Lorsque la formation tutélaire est en sommeil, David Brewis s’amuse avec son autre groupe School Of Language. Après Sea From Shore en 2008 et Old Fears en 2014, l’anglais sort le très funky 45.
Le thème principal de ce nouvel album est Donald Trump – « son ascension douteuse en politique, son comportement capricieux pendant son mandat et le groupe hétéroclite de personnages dont il s’est entouré. » – un sujet de plus en plus présent dans la pop music actuelle depuis l’arrivée du magnat de l’immobilier à la tête des Etats-Unis. La difficulté d’un sujet comme celui-ci, est de tomber dans le piège de l’album protestataire bas du front. Même si la colère est bien présente tout au long de 45, David Brewis s’échappe de cet écueil et fait plutôt le constat d’une tragédie voire d’une plaisanterie douteuse faite au monde. Les dix morceaux ont été influencés par le livre ‘Fear’ de Bob Woodward et le funk politique des années 70 représenté par James Brown et Sly And The Family Stones. David Brewis se fait témoin d’une démocratie occidentale en perdition où la personnalité d’une personne supplée la politique générale et où les intérêts des grandes entreprises dépasse celui des citoyens ordinaires. Ce mélange de conscience politique et d’hédonisme musical rend le message de David Brewis intelligent et facilement perceptible. Les rythmes funky font incroyablement penser à ceux développés par Talking Heads. David Brewis marche ici sur les pas du grand David Byrne notamment sur des titres tels que ‘I’ve Got Numbers’ et ‘A Beautiful Wall’. De là à faire passer Donald Trump pour un ‘Psychokiller’, c’est une frontière (mexicaine) que l’on franchit allégrement en compagnie de David Brewis.

Damien