Royal Baths « Better Luck Next Life »

Royal baths better luck next life
Jeremy Cox et Jigmae Baer sont issus de la scène garage psyché de San Francisco où ils ont été des membres de groupes plus respectables les uns que les autres comme Thee Oh Sees et Ty Segall. Compositeur du sublime album Litanies paru en 2010, Royal Baths y offrait une relecture rêche et rugueuse de la scène psychédélique californienne. Enregistré sur une vielle table Tascam 388, Litanies revisitait  Jefferson Airplane et Strawberry Alarm Clock en version dépouillée de fleurs et de couleurs hippies. Mal à l’aise à l’intérieur d’une scène locale dans laquelle ils ne trouvent pas leur place, Royal Baths décide de s’installer à Brooklyn. Au soleil californien, ils préfèrent le côté sombre de l’underground New-Yorkais. Royal Baths c’est le vice en personne avec des histoires de paumés vivant dans l’interzone de Burroughs. Ces mecs n’auraient pas dépeint dans la Factory tout en aluminium de Warhol. Dans Better Luck Next Life, la filiation avec le Velvet Underground est plus qu’inévitable (Exploding Plastic Inevitable ?). Cela s’entendait déjà sur Litanies avec des morceaux comme Sitting In My Room et Pleasant Feeling. Aujourd’hui, le son est encore plus noir. Les soli de guitares bourdonnantes rappellent ceux de Lou Reed. Les rythmes sont plus blues et approchent parfois du diddley beat (Bo Diddley, un autre point commun avec Lou Reed). Vénéneux et lugubre, noir et blanc. Ici, on met des lunettes de soleil pour effacer les cernes pendantes de trop de nuits blanches et non pas pour se cacher du soleil. Better Luck Next Life sent l’asphalte, la dépravation urbaine et l’autodestruction. Une vraie descente aux enfers dans un souterrain de velours. Lester Bangs avait pour habitude de regarder dans la discothèque de ses hôtes l’usure du White Light / White Heat du Velvet Underground. Ne vous étonnez pas si un jour on vous demande votre exemplaire de Better Luck Next Life.

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